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Points clés à retenir
- Audace maîtrisée : les choix forts, comme une cuisine rouge vif ou des murs fleuris, sont équilibrés par des pièces classiques et des matières nobles.
- Histoire et modernité : la rénovation préserve le charme d’origine tout en apportant une touche contemporaine, grâce à une collaboration étroite avec des artisans.
- Importance du lieu : le retour à San Francisco, après des années à Tacoma, a été un déclencheur créatif et personnel majeur pour la designer.
Une trajectoire singulière
Avant de poser ses valises à San Francisco en 2005, Heidi Caillier avait déjà parcouru bien du chemin. Enfant d’une famille militaire, elle a grandi au gré des affectations, puis étudié à Providence et à la Nouvelle-Orléans. Diplômée d’un master en santé publique, elle a enchaîné les petits boulots et les voyages avant de trouver son équilibre. C’est finalement dans la baie de San Francisco qu’elle s’est installée, séduite par l’architecture et la culture locale. Elle y a rencontré son mari, Justin, et a commencé à exercer le métier de designer d’intérieur presque par passion, en menant des projets modestes via la plateforme Homepolish.
Un tournant inattendu
Pourtant, l’idée de concevoir un jour une maison pour un client dans cette ville huppée semblait hors de portée. « Sur le plan professionnel, je n’avais pas de grandes ambitions à l’époque », se souvient-elle. En 2015, le couple décide de tout changer et part s’installer dans le Nord-Ouest Pacifique, près de la famille et des amis. Justin ouvre un bar, Heidi poursuit ses petites missions. Et sur la route, une surprise de taille : « Nous avons appris que j’attendais des jumeaux ! »
Tacoma, une révélation esthétique
Si la designer a craint que ce déménagement à Tacoma ne mette un terme à sa carrière, il a au contraire été décisif pour son style. Les gris jours pluvieux ont inspiré des intérieurs plus chaleureux, avec des teintes sombres et des textiles superposés qui animent les pièces faiblement éclairées. Elle a mélangé des imprimés anglais classiques à des créations de marques américaines contemporaines comme Nickey Kehoe, et des luminaires européens du milieu du siècle, créant des maisons modernes ancrées dans la tradition. Pendant ce temps, ses fils grandissaient en explorant les mares à crabes – un souvenir précieux.
Le retour tant attendu
L’année 2025 a marqué un nouveau chapitre. Sélectionnée pour l’AD100 et célébrée pour sa maison de montagne pour Kendall Jenner, Heidi Caillier a vu sa notoriété exploser. Mais c’est à San Francisco qu’elle souhaitait revenir, pour offrir à sa famille un accès à la culture et à l’art. La recherche d’une maison a été longue et semée d’embûches. « C’était un processus lent et plein d’appréhension », confie-t-elle. Après plusieurs offres refusées, elle a finalement trouvé une vieille demeure victorienne en plein quartier sud du Presidio. « Elle était vieille et sans grand intérêt, mais elle avait l’espace nécessaire, de grandes fenêtres avec une lumière incroyable et quatre chambres à l’étage – c’est rare. J’ai fait une offre immédiatement. »
Rénover sans architecte : un défi relevé
Heidi a piloté le chantier sans architecte pour éviter les longs délais de permis. « Nous avons gardé les trois chambres avant presque intactes, et nous avons totalement repensé la suite parentale. Nous avons supprimé un escalier de service, et tout l’arrière de la maison a été modernisé », explique-t-elle. Le reste a été surtout cosmétique. Le résultat ? Une symbiose entre le charme victorien et des touches audacieuses : une cuisine avec des armoires rouge vif, une salle d’eau bleu cobalt, et des murs recouverts de tissus fleuris signés Guy Goodfellow ou Watts 1874.
Une signature audacieuse
Heidi Caillier n’a pas peur des partis pris forts. « Évitez les spots encastrés, les canapés blancs », lance-t-elle avec aplomb. Ses intérieurs jouent sur la tension entre floraux ludiques et motifs géométriques : une chaise habillée d’un tissu fleuri posée sur un tapis berbère, par exemple. Cette confiance se lit dans chaque pièce de sa propre maison, où les murs rouge vif côtoient des bibliothèques bleu profond, et où les tissus rares habillent les murs comme les têtes de lit.
Une collaboration de talents
« Chaque designer vous dira que sa propre maison est le projet le plus difficile, car on improvise énormément », souligne-t-elle. Heidi s’est entourée de collaborateurs de confiance : le muraliste James Mobley a peint la chambre de ses fils, l’équipe de de Gournay a conçu un papier peint sur mesure pour la salle à manger, et de nombreux artisans ont contribué à ce projet d’exception.
Un équilibre retrouvé
Si les jumeaux ont eu du mal à quitter Tacoma, ils se sont vite adaptés à leur nouvelle vie. « Le premier mois a été difficile, mais une fois qu’ils ont eu des amis, tout est allé mieux. Ils ne s’ennuient jamais », se réjouit Heidi. Pour elle, ce retour est une renaissance. « J’aime énormément San Francisco, qui vit une véritable renaissance. C’était la vie que je souhaitais pour ma famille, et voir tout se concrétiser est bouleversant », confie-t-elle, la voix serrée par l’émotion. Une histoire inspirante qui prouve que les retours aux sources peuvent être les plus beaux chapitres.

Designer d’intérieur & Rédactrice déco
Designer d’intérieur indépendante lyonnaise de 32 ans, formée aux Beaux-Arts et passée par plusieurs agences parisiennes avant de m’installer à Lyon. Consultante déco et rédactrice spécialisée, j’accompagne mes clients dans la création d’intérieurs qui leur ressemblent. Passionnée par les tendances émergentes autant que par les classiques intemporels, je crois qu’un bel intérieur n’est pas une question de budget mais de justesse. Entre projets clients et création de contenu sur Dizing, je partage ma vision d’une déco accessible, moderne et réfléchie, loin du superflu et du tape-à-l’œil.
Expertises : Design d’intérieur • Tendances déco • Aménagement d’espaces • Couleurs & matières • Analyse de styles • Conseils personnalisés