Selfridges 40 Duke Street : La déco d’un club privé chic et accessible

Temps de lecture : 3 min

Ce qu’il faut retenir

  • Matériaux : Un dialogue entre le bois de ronce, le travertin et l’acier brossé, pour une luxuriosité tactile et contemporaine.
  • Philosophie : L’idée d’une « maison de collectionneur » plutôt qu’un club traditionnel, pour une ambiance intime et inspirante.
  • Éclectisme : Un mélange audacieux de pièces classiques italiennes et de créations de designers internationaux émergents.

Quand le luxe retail s’offre un écrin d’exception

Je vous emmène aujourd’hui au cœur de Londres, à deux pas du célèbre magasin Selfridges. Leur nouveau club privé, 40 Duke Street, vient d’ouvrir ses portes et, sincèrement, son approche de l’espace m’a immédiatement séduite. Conçu par le studio Nice Projects, ce lieu de 2300 m² n’est pas un simple espace de vente privée. C’est une véritable expérience sensorielle, une invitation à découvrir la déco sous un jour nouveau, à la fois raffiné et profondément humain.

Le défi : créer une cohérence dans la diversité

Pour être honnête, le pari était ambitieux. Il s’agissait de sculpter 24 studios et suites de shopping personnel, une galerie, un salon, des espaces beauté et une terrasse, le tout sans jamais tomber dans la répétition ou le thème trop appuyé. L’idée directrice ? Donner à chaque pièce sa propre personnalité, tout en maintenant une harmonie d’ensemble. Ce qui change tout, ici, c’est cette volonté de créer un parcours, une invitation à la découverte qui rend chaque visite unique et personnelle.

Une palette de matières qui réinvente les codes

Dans l’absolu, le luxe traditionnel peut parfois paraître froid. Nice Projects a magistralement contourné cet écueil en jouant sur les textures et les contrastes. La base ? Des matériaux nobles comme le bois de ronce, l’onyx jaune ou le travertin. Mais la vraie magie opère dans leur association avec des éléments plus inattendus : du liège, de l’acier inoxydable brossé, des moquettes de laine aux couleurs vives et des tapis aux motifs picturaux.

Cette alliance entre le classique et le contemporain crée une luxuriosité tactile, accessible et chaleureuse. On est loin du marbre intimidant ; on touche, on ressent, on vit l’espace. C’est exactement cette sensibilité que je cherche à insuffler dans mes projets : un raffinement qui se vit au quotidien.

L’âme du lieu : une maison de collectionneur

Le concept central, et c’est là que tout se joue, était de créer non pas un club membres traditionnel – souvent sombre et guindé – mais l’équivalent de la maison d’un collectionneur éclairé. Imaginez un appartement soigneusement curaté, débordant de personnalité, où chaque coin invite à l’exploration et à l’inspiration.

Cette vision se traduit dans le mobilier éclectique. Le studio a osé mélanger des pièces iconiques de marques italiennes et suédoises (Tacchini, Arflex, Kallemo) avec des créations de designers actuels comme Philippe Malouin, Piet Hein Eek ou Frama. Le résultat ? Des regroupements audacieux et vivants, où un canapé des années 70 dialogue avec une table basse contemporaine en acier et terrazzo. Sincèrement, c’est cet équilibre entre l’intemporel et l’avant-garde qui définit le bon goût aujourd’hui.

Une identité couleur au service de la marque

La palette chromatique n’a pas été laissée au hasard. Elle devait être à la fois frappante, distinctive, et porter l’ADN audacieux de Selfridges, tout en restant accueillante. On retrouve donc des tonalités qui attirent le regard sans agresser, qui structurent l’espace et guident l’émotion. C’est une leçon de stylisme d’espace : la couleur n’est pas une simple décoration, elle est un outil narratif puissant.

Ce que 40 Duke Street nous apprend sur la déco de demain

Ce projet est, pour moi, une parfaite illustration des tendances qui animent le design d’intérieur haut de gamme en 2026. Il prouve qu’un espace prestigieux peut – et doit – être intime et approchable. Il démontre que le vrai luxe réside dans la justesse des associations, dans le toucher des matériaux et dans la création d’une atmosphère unique, bien plus que dans l’étalage d’un budget.

L’idée à retenir ? Que vous aménagiez un salon ou un espace commercial, osez la curation personnelle. Mélangez les époques, jouez avec les textures, et surtout, créez une ambiance qui raconte une histoire. Parce qu’au final, un intérieur réussi est celui dans lequel on se sent immédiatement chez soi, même – et surtout – s’il nous inspire et nous surprend à chaque visite.