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À retenir de cet article
- Histoire et modernité : Le projet allie une restauration minutieuse du bâti d’origine à une décoration intérieure audacieuse, mêlant meubles anciens et pièces contemporaines.
- Collaboration créative : Le dialogue entre les propriétaires, l’architecte et le décorateur a été clé pour aboutir à un intérieur à la fois fonctionnel et esthétiquement surprenant.
- Détails qui changent tout : L’attention apportée aux objets, comme un robinet en bronze à l’effigie du chat de la famille, témoigne d’une recherche obsessionnelle du détail juste.
Une acquisition éclair, une restauration patiente
Imaginez : acquérir une maison en seulement quelques minutes par FaceTime, et ensuite consacrer plusieurs années à lui redonner tout son éclat. C’est le projet fou entrepris par une famille pour leur résidence de style Spanish Colonial Revival, située dans le quartier de Hancock Park à Los Angeles. Pour eux, être propriétaires, c’est d’abord être les gardiens d’un héritage construit en 1928, et ils ont mis un point d’honneur à en préserver l’intégrité historique.
Pour mener à bien cette métamorphose, ils ont fait appel au décorateur Barry Fox, avec qui une complicité s’est immédiatement installée. Le principe fondateur était simple : se glisser dans la peau des habitants des années 1920 pour imaginer ce qu’ils auraient voulu, en version ultramoderne. L’idée, sincèrement, était de créer un dialogue entre les époques, un » chop and screw de la tradition, comme dit la maîtresse de maison.
L’entrée : un salon des merveilles
Dès le seuil franchi, on est saisi par le mélange subtil d’art contemporain et d’antiquités de premier ordre. Une table russe en acajou du XVIIIe siècle repose sur un tapis ancien, entourée d’un vase sculptural et de tabourets en parchemin dans le style de Jean-Michel Frank. Au plafond, un lustre en plâtre et bronze de l’ Atelier du Lamp Workshop attire le regard. Ce qui change tout ici, c’est cette patine inimitable des carreaux de céramique d’origine, conservés sur l’insistance des nouveaux propriétaires. « Cette patine, vous ne l’obtiendrez jamais avec des matériaux neufs », confie la propriétaire.
Une cuisine-laboratoire d’un chic inouï
En contraste, la cuisine est un espace ultracontemporain, clinique même, avec ses plans de travail en Calacatta et ses laqués brillants. Pour être honnête, on pourrait croire à un laboratoire de chimie, mais c’est exactement l’effet recherché. « Dans les années 1920, une famille aurait voulu ce qu’il y avait de plus moderne », explique la propriétaire. Ce contraste entre le respect de l’histoire et l’audace du design fait toute la singularité du projet. Les appareils Miele et Sub-Zero sont discrètement intégrés derrière des panneaux de laiton, tandis que les suspensions Noguchi apportent une touche de poésie.
Le salon : une alchimie de styles et d’époques
Dans le salon baigné de lumières chaudes, un canapé Mario Bellini en cuir fauve côtoie des tables consoles du XVIIIe siècle, le tout sous une toile géométrique fluorescente de Peter Halley. Ce qui n’a de sens sur le papier fonctionne à merveille dans l’espace. L’idée clé, selon la propriétaire, est que « une maison formelle, avec un principe d’organisation strict autour de l’usage des pièces, la rend paradoxalement plus confortable ». Ainsi, les espaces familiaux sont distincts des pièces de réception, chacun ayant sa propre identité.
Pour le mari, collectionneur passionné, l’enjeu était de trouver l’équilibre parfait entre raffinement et habitabilité. Il raconte que les premiers échanges avec le décorateur tournaient autour d’une question simple : « Que serait un Jacques Grange s’il n’était pas un Bourgogne français mais un vin orange naturel et funky ? » Une question fondamentale, vous en conviendrez.
La bibliothèque et la salle à manger : le goût de l’exception
Dans la bibliothèque, peinte d’un rouge profond Farrow & Ball Incardine, un bureau des années 1960 voisine avec des fauteuils Kubus de Josef Hoffmann et une table d’appoint Philippe Hiquily en résine dorée et bois pétrifié. Le tapis sur mesure de la Manufacture Cogolin et les tentures en fleurons d’Hélène complètent ce tableau d’une élégance rare.
Quant à la salle à manger, ses mets habillés de Clarence House accueillent une grande aquarelle de Sol LeWitt. Les chaises du George III, issues de la collection personnelle de la reine Victoria et chinées chez Christie’s, encadrent une table vintage Milo Baughman des années 1970. C’est ce mélange d’audace et de classicisme qui donne à la maison une âme vraiment singulière.
Un détail irrésistible : le robinet-chat
Parmi les détails les plus marquants, impossible de passer à côté du robinet de la salle d’eau invité. Ce robinet en bronze, spécialement conçu par P.E. Guerin, représente la tête du chat adoré de la famille, Buns, surnommé Bunny Mellon. La propriétaire était obsédée par cette idée, et le résultat, après deux ans de travail, est une pièce unique qui capture tout l’esprit ludique et raffiné de la maison. Cela semble anodin, mais ce genre d’attention aux détails transforme véritablement un espace.
La chambre principale et ses retraites
Dans la chambre principale, peinte en Farrow & Ball Matchstick, l’ambiance est au calme et à la retenue. La tête de lit signée George Nakashima est encadrée de tables de nuit en vélin dans le style de Jean-Michel Frank. Un fauteuil Régence du XVIIIe siècle, venu de l’appartement de l’enfance du mari à New York, ajoute une note patrimoniale touchante. Les salles de bain, elles, associent marbre Marble Unlimited, appliques Urban Electric et linge de maison en coton.
Et pour les moments de détente, un petit salon dans la suite parentale accueille un canapé Jonas habillé d’un tissu Le Manach sur mesure, face à une cheminée et à un dessin de Markus Lüpertz. C’est ici que la famille se ressource chaque soir.
L’envers du décor : une collaboration précieuse
Derrière ce résultat époustouflant se cache un travail d’équipe de longue haleine. Le propriétaire souligne l’importance de la collaboration : l’architecte Sonny Ward, le décorateur Barry Fox, la spécialiste en art Jessica Witkin et l’artisan Hartman Baldwin ont tous apporté leur pierre à l’édifice. Le mari confie : « C’était une synthèse parfaite de personnes qui tenaient à préserver cette maison. » Cette alchimie a permis d’aboutir à une maison qui n’est ni un musée ni un showroom, mais un véritable foyer.
Pour terminer, je vous laisse imaginer la chambre de la fille, enveloppée d’un tissu rosé Namay Samay, où un lit Birch Lane et une chaise Clam de Philip Arctander créent un cocon doux et poétique. C’est tout le génie de ce projet : chaque pièce, chaque objet a été pensé pour raconter une histoire, celle d’une famille qui a choisi d’être, avant tout, des gardiens passionnés.

Designer d’intérieur & Rédactrice déco
Designer d’intérieur indépendante lyonnaise de 32 ans, formée aux Beaux-Arts et passée par plusieurs agences parisiennes avant de m’installer à Lyon. Consultante déco et rédactrice spécialisée, j’accompagne mes clients dans la création d’intérieurs qui leur ressemblent. Passionnée par les tendances émergentes autant que par les classiques intemporels, je crois qu’un bel intérieur n’est pas une question de budget mais de justesse. Entre projets clients et création de contenu sur Dizing, je partage ma vision d’une déco accessible, moderne et réfléchie, loin du superflu et du tape-à-l’œil.
Expertises : Design d’intérieur • Tendances déco • Aménagement d’espaces • Couleurs & matières • Analyse de styles • Conseils personnalisés