L’élégance sécessionniste au cœur du Wilde aparthotel de Vienne

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Points clés à retenir

  • Héritage viennois : l’ancienne poste de 1854 devient un lieu de séjour unique, imprégné de l’esprit sécessionniste.
  • Espaces communs repensés : le studio Barba Mendoza a imaginé des salons, bibliothèques et cours intérieures mêlant artisanat local et modernité.
  • Art contemporain et références : chaque détail rend hommage aux artistes de la Sécession viennoise, de Klimt à Wagner.

Une renaissance sous le signe de la Sécession

Sincèrement, quand j’ai découvert l’histoire du Wilde aparthotel à Vienne, j’ai eu un coup de cœur immédiat. Ce bâtiment — une ancienne poste construite en 1854 sur le Fleischmarkt — a accueilli le courrier des Viennois pendant cent cinquante ans. Aujourd’hui, le studio d’architecture d’intérieur Stephanie Barba Mendoza lui insuffle une seconde vie en y installant un aparthotel résolument contemporain, tout en rendant hommage à l’âge d’or artistique de la capitale autrichienne. Ce qui change tout, c’est cette capacité à transformer un lieu administratif en un cocon où l’histoire et le design dialoguent sans cesse.

L’esprit des espaces communs

Pour être honnête, c’est dans les parties communes que la magie opère le plus. L’idée directrice : créer une continuité avec le mouvement sécessionniste qui a marqué Vienne au tournant du XXe siècle. Stephanie Barba Mendoza et son équipe ont puisé dans les motifs végétaux, les ornements géométriques et les courbes caractéristiques de ce style. Dans le hall, un grand comptoir en noyer massif fait écho aux lignes pures de Josef Hoffmann. Plus loin, un salon de lecture doté d’une bibliothèque murale invite à la contemplation, renforcée par des suspensions en verre soufflé — un hommage discret aux vitraux de Klimt.

J’ai été particulièrement frappée par le choix des couleurs : des teintes terreuses — ocre, terracotta, vert sauge — rehaussées d’accents de laiton patiné. Dans l’absolu, cette palette évoque autant la nature que l’opulence mesurée des palais viennois. Un équilibre que je trouve très juste.

Artisanat local et savoir-faire

Ce qui rend ce projet si attachant, c’est l’ancrage dans le territoire. Les créateurs ont fait appel à des artisans autrichiens pour chaque pièce sur mesure : carreaux de ciment réalisés par une fabrique de Gmunden, tapis noués main en Basse-Autriche, céramiques de la manufacture Augarten. J’ai le sentiment que ce parti pris ancre l’aparthotel dans une authenticité rare. « Le design n’existe pas sans matière, sans mémoire », me suis-je surprise à penser en parcourant les photos des espaces communs.

Pour cinq appartements privatifs et plusieurs studios, l’équipe a également travaillé avec des artistes locaux pour habiller les murs d’œuvres contemporaines qui dialoguent avec l’héritage sécessionniste. Une toile de l’artiste viennoise Eva Berendsen côtoie ainsi un papier peint en lin chiné aux motifs floraux abstraits. L’idée de cette stratification temporelle est loin d’être anodine — elle rend l’expérience vivante.

Le confort d’un salon de la Sécession

Dans les chambres et les salons privatifs, la philosophie reste la même : du beau qui dure, du confort sans ostentation. Du bois de chêne ciré, des lits aux têtes de lit capitonnées de velours, des rideaux en lin épais qui filtrent la lumière de la rue — chaque détail a été pensé pour offrir une sensation d’intimité. J’imagine parfaitement m’y poser en fin de journée, fenêtre ouverte sur les toits de Vienne, en feuilletant un des nombreux livres d’art disposés sur la table basse.

L’éclairage mérite une mention spéciale : des appliques en laiton martelé dessinent une lumière douce et tamisée, idéale pour la détente. Ce qui change tout, c’est cette attention portée au rythme des journées — du cocon du matin à l’ambiance tamisée du soir. Pas de vedette technologique, que de la justesse.

Un manifeste pour un tourisme culturel

En définitive, ce Wilde aparthotel n’est pas qu’un lieu de passage ; c’est une déclaration d’amour à la Vienne artistique. Chaque espace commun, chaque objet raconte une histoire mêlée à l’esprit sécessionniste. Si vous aimez les intérieurs qui ont une âme, une patine, une singularité — et que Vienne vous attire pour ses musées, son café central ou sa scène design —, je ne saurais trop vous conseiller de noter cette adresse. Sincèrement, c’est le genre de lieu qui vous marque bien après votre retour à la maison.