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Ce qu’il faut retenir
- Héritage : La Casa Arosio est un manifeste de la culture moderniste méditerranéenne, conçu par Vico Magistretti entre 1956 et 1959.
- Restauration : Eligo Studio a mené une rénovation respectueuse, collaborant avec la Fondation Magistretti pour préserver l’intention originelle.
- Philosophie : Le projet incarne un équilibre entre continuité historique et adaptation aux besoins contemporains.
Une rencontre avec le génie du lieu
Sincèrement, quand on évoque le patrimoine moderniste italien, certains noms résonnent comme des promesses. Vico Magistretti en fait partie. Imaginez alors la sensation de découvrir l’une de ses créations, cachée dans la Pineta di Arenzano, en Ligurie. C’est exactement l’aventure qu’ont vécue Alberto Nespoli et Domenico Rocca d’Eligo Studio. Ce qui change tout, c’est que cette maison, la Casa Arosio, n’était plus qu’une ombre de son ancienne splendeur. Pour être honnête, tomber amoureux d’une ruine moderne demande une certaine folie, mais aussi une foi absolue dans le pouvoir de la restauration sensible.
L’idée, ici, n’était pas de muséifier, mais de réanimer. La maison, conçue pour l’ingénieur Paolo Arosio, ami de Magistretti, est un témoignage architectural de la fin des années 50. Dans l’absolu, c’est un manifeste : une synthèse entre la pensée moderniste progressive et la culture locale méditerranéenne. Ses volumes rectangulaires superposés, ses murs blancs immaculés, tout évoque cette quête d’une architecture contextuelle qui caractérisait l’après-guerre italien. Une rupture douce avec le rationalisme strict, au profit d’une conversation avec le paysage et l’histoire.
Le défi d’une renaissance respectueuse
« Quand nous sommes entrés pour la première fois, la maison portait les stigmates du temps. Structurellement, elle était en piteux état. » Cette confidence d’Alberto Nespoli résume l’ampleur du chantier. Sincèrement, reconstruire presque tout, sans trahir l’âme des lieux, relève du travail d’orfèvre. Ils ont dû intégrer une nouvelle isolation, moderniser le système de chauffage – novateur pour son époque – et même ajouter un ascenseur. Ce qui change tout, c’est leur collaboration avec la Fondazione Vico Magistretti. Avoir accès aux plans originaux, comprendre la pensée pragmatique du maître, c’était la clé pour ne pas faire fausse note.
Pour être honnête, la philosophie de Magistretti résonnait profondément avec leur approche. Il ne concevait pas que des espaces, mais des manières d’habiter. L’agencement en split-level, avec ses niveaux décalés et ses courbes douces, était une invitation à une vie de vacances à la fois compacte et confortable, jouant avec la lumière et les perspectives. Eligo Studio a préservé cet esprit tout en adaptant le plan. Les anciennes pièces dédiées au personnel, par exemple, ont été intégrées à l’espace de vie principal, une réinterprétation nécessaire pour un usage contemporain.
Un dialogue entre époques et matières
L’idée de continuité s’est aussi exprimée dans les choix matériels. Prenons les carreaux Mutina de Konstantin Grcic. Le geste est beau : Grcic fut un étudiant de Magistretti au Royal College of Art de Londres. Utiliser ses créations, c’est tisser un lien direct, presque filial, entre les époques. Dans l’absolu, chaque détail a été pesé pour créer ce dialogue silencieux entre le passé et le présent. Même le traitement des murs extérieurs, avec ses fragments de verre pilé pour capturer la lumière ligurienne, a été respecté, préservant cette alchimie unique entre le bâti et son environnement.
Ce projet, pour moi, va bien au-delà d’une simple rénovation. C’est un acte de sauvegarde patrimoniale et une leçon d’humilité. Eligo Studio n’a pas imposé sa signature, il a offert son savoir-faire au service d’une vision plus ancienne. Ils ont transformé une maison des années 50 pour répondre aux exigences du 21e siècle, mais en protégeant farouchement l’intention originelle. Le résultat ? Une maison qui respire à nouveau, où l’on sent à la fois la main de Magistretti et le souffle de ses nouveaux habitants. Sincèrement, c’est la preuve qu’un bon goût intemporel n’a pas d’âge, et que la plus belle des tendances est parfois celle qui consiste à honorer le génie d’avant.

Designer d’intérieur & Rédactrice déco
Designer d’intérieur indépendante lyonnaise de 32 ans, formée aux Beaux-Arts et passée par plusieurs agences parisiennes avant de m’installer à Lyon. Consultante déco et rédactrice spécialisée, j’accompagne mes clients dans la création d’intérieurs qui leur ressemblent. Passionnée par les tendances émergentes autant que par les classiques intemporels, je crois qu’un bel intérieur n’est pas une question de budget mais de justesse. Entre projets clients et création de contenu sur Dizing, je partage ma vision d’une déco accessible, moderne et réfléchie, loin du superflu et du tape-à-l’œil.
Expertises : Design d’intérieur • Tendances déco • Aménagement d’espaces • Couleurs & matières • Analyse de styles • Conseils personnalisés