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Points clés à retenir
- IRL du 2e trimestre 2026 : 148,37, publié au Journal officiel du 12 juillet 2026, soit une hausse annuelle de 1,15 % — c’est le plafond légal de révision du loyer.
- La formule est unique : nouveau loyer = loyer actuel × indice du trimestre de référence de l’année en cours / indice du même trimestre de l’année précédente, arrondi à la deuxième décimale.
- Une révision par an maximum, à la date prévue au bail, et seulement si la clause de révision existe. Pas de clause, pas d’augmentation possible en cours de bail.
- Interdiction stricte pour les logements F ou G, et neutralisation fréquente par l’encadrement des loyers en zone tendue.
148,37. C’est la valeur de l’indice de référence des loyers pour le 2e trimestre 2026, publiée au Journal officiel du 12 juillet 2026 — et c’est aussi le plafond légal que votre bailleur ne peut pas dépasser pour réviser votre loyer cette année. Sincèrement, après les +3,50 % enregistrés en 2023 et 2024, ce chiffre peut sembler anecdotique. Il ne l’est pas. Il fixe la frontière entre une révision du loyer parfaitement légale et un trop-perçu que le locataire peut légitimement réclamer.
Ce qui change tout, c’est que la plupart des bailleurs comme des locataires ignorent quel indice utiliser, à quelle date réviser et comment poser le calcul. Résultat : des hausses trop élevées, des régularisations douloureuses et des litiges qui n’auraient jamais dû exister. Dans l’absolu, la mécanique est simple. Encore faut-il connaître l’indice IRL exact, sa date de parution et le trimestre de référence inscrit dans le bail. Voilà précisément ce que je vous propose de dérouler, du tableau officiel à l’application concrète sur votre quittance.
Qu’est-ce que l’indice IRL et à quoi sert-il ?
L’indice de référence des loyers (IRL) est le seul baromètre officiel qui plafonne la révision annuelle d’un loyer d’habitation en France. Publié chaque trimestre par l’Insee, il sert de référence à la clause de révision insérée dans le bail. C’est quoi exactement ? Un indice chiffré, calculé à partir de l’évolution des prix à la consommation, qui plafonne la hausse annuelle autorisée. À quoi sert-il dans un bail d’habitation ? À empêcher les dérives : le bailleur ne peut pas décider librement d’augmenter de 5 % parce que le marché s’emballe.
Une définition officielle fixée par la loi de mars 2008
L’IRL a remplacé l’indice du coût de la construction (ICC) pour les logements d’habitation, à la suite de la loi du 27 mars 2008 sur le pouvoir d’achat. Avant, on indexait les loyers sur le prix des matériaux et de la main-d’œuvre du bâtiment — ce qui n’avait aucun sens. Depuis, l’indice IRL Insee suit l’évolution des prix à la consommation hors tabac et hors loyers, ce qui reflète davantage la réalité du budget des ménages. Sa périodicité est trimestrielle : quatre rendez-vous par an, mi-janvier, mi-avril, mi-juillet, mi-octobre.
Un plafond légal, pas une augmentation automatique
Voilà la nuance que je vois le plus souvent mal comprise. L’IRL n’oblige personne à augmenter un loyer. Il fixe un maximum. Un bailleur qui n’augmente pas pendant plusieurs années ne commet aucune faute, et il n’est pas obligé de rattraper les années perdues. À l’inverse, un bailleur qui augmente de 4 % en 2026 en appliquant son propre raisonnement — inflation, charges, travaux — sort du cadre légal et s’expose à une restitution du trop-perçu.
Ce que l’IRL ne mesure pas : les loyers du marché
Autre idée reçue : l’IRL ne mesure absolument pas les loyers du marché. Il mesure l’inflation généraliste, comme l’aurait fait l’indice des prix à la consommation classique. Ce n’est donc pas un outil pour « remettre le loyer au prix », et un bailleur qui constate que son bien se louerait 200 € de plus aujourd’hui ne peut pas utiliser l’IRL pour justifier une hausse plus forte. Ce que l’IRL permet, dans l’absolu, c’est un ajustement à l’érosion monétaire. Rien de plus. Rien de moins.
Définition express
Indice de référence des loyers (IRL) : indice trimestriel publié par l’Insee, créé par la loi du 27 mars 2008 sur le pouvoir d’achat. Il plafonne la révision annuelle des loyers d’habitation lorsqu’une clause de révision figure dans le bail. Quatre publications par an, mi-janvier, mi-avril, mi-juillet, mi-octobre.
Maintenant que le cadre légal est posé, place à la donnée la plus recherchée cette année : la valeur de l’IRL 2026 et l’historique complet depuis 2023.

IRL 2026 : la valeur du 2e trimestre 2026 et l’historique complet depuis 2023
L’indice de référence des loyers (IRL) du 2e trimestre 2026 s’établit à 148,37, contre 146,68 un an plus tôt, soit une hausse annuelle de 1,15 %. Publié au Journal officiel du 12 juillet 2026, il constitue le plafond légal de révision des loyers dont la date anniversaire tombe entre le 12 juillet et le 12 octobre 2026.
La valeur du 2e trimestre 2026 : 148,37
Selon l’Agence nationale pour l’information sur le logement (ANIL) et l’Insee, l’IRL du 2e trimestre 2026 est fixé à 148,37 (2026). C’est la valeur que tout bailleur doit appliquer s’il souhaite réviser un loyer à l’anniversaire du bail pendant la fenêtre du 12 juillet au 12 octobre 2026. Concrètement, c’est un plafond — pas un objectif.
Avant cela, l’IRL du 1er trimestre 2026 s’établissait à 146,60, paru le 16 avril 2026, soit une variation annuelle de 0,78 % (Insee, 2026). Le 4e trimestre 2025, lui, affichait 145,78, paru le 16 janvier 2026, pour une variation de 0,79 % (Insee, 2026). Trois valeurs très proches, qui traduisent une forme de plateau après trois années de hausses marquées.
Tableau de l’historique de l’IRL de 2023 à 2026
Voici l’historique de l’indice IRL complet, avec les quatre informations qui comptent : date de parution au Journal officiel, trimestre concerné, valeur de l’indice et glissement annuel. C’est le tableau que je consulte systématiquement quand un client me demande de vérifier un avis de révision.
| Date de parution au JO | Trimestre concerné | Valeur de l’IRL | Variation annuelle |
|---|---|---|---|
| 14 juillet 2023 | 2e trimestre 2023 | 140,59 | +3,50 % |
| 13 octobre 2023 | 3e trimestre 2023 | 141,03 | +3,49 % |
| 12 janvier 2024 | 4e trimestre 2023 | 142,06 | +3,50 % |
| 12 avril 2024 | 1er trimestre 2024 | 143,46 | +3,50 % |
| 12 juillet 2024 | 2e trimestre 2024 | 144,55 | +2,82 % |
| 15 octobre 2024 | 3e trimestre 2024 | 144,56 | +2,50 % |
| 16 janvier 2025 | 4e trimestre 2024 | 145,17 | +2,19 % |
| 15 avril 2025 | 1er trimestre 2025 | 145,44 | +1,38 % |
| 13 juillet 2025 | 2e trimestre 2025 | 146,68 | +1,04 % |
| 15 octobre 2025 | 3e trimestre 2025 | 147,27 | +1,87 % |
| 16 janvier 2026 | 4e trimestre 2025 | 145,78 | +0,79 % |
| 16 avril 2026 | 1er trimestre 2026 | 146,60 | +0,78 % |
| 12 juillet 2026 | 2e trimestre 2026 | 148,37 | +1,15 % |
Lecture de la tendance : une hausse qui ralentit
Ce qui saute aux yeux dans ce tableau, c’est le contraste entre début 2024 et mi-2026. Selon l’Insee, l’IRL du 1er trimestre 2024 affichait 143,46, pour une variation annuelle de 3,50 % (2024). Le 2e trimestre 2023 enregistrait également 140,59 pour +3,50 % (Insee, 2023).
Deux ans plus tard, le rythme est retombé sous les 1,5 % annuels sur la plupart des trimestres. Pour être honnête, ce ralentissement est une bonne nouvelle pour les locataires, mais il crée une confusion chez certains bailleurs qui avaient pris l’habitude des +3,50 % et appliquent parfois par réflexe un pourcentage obsolète. Ce qui change tout, c’est que la révision n’a jamais été un pourcentage fixe : elle varie à chaque anniversaire, en fonction des deux indices comparés.
Conseil
Avant tout calcul, vérifiez la valeur publiée directement sur le site de l’Insee. Un indice peut être révisé à la marge après sa première parution, et une révision faite sur une valeur provisoire peut être retoquée. Je le vois régulièrement sur des dossiers de bailleurs pressés.
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Une fois la donnée posée, la vraie question devient : comment l’appliquer concrètement, sans erreur de calcul ni mauvaise surprise ?
Comment calculer la révision de loyer avec l’IRL : formule et exemples chiffrés
C’est ici que la révision du loyer devient concrète. La mécanique légale est stable et simple à reproduire. Ce qui coince, ce n’est jamais la formule — c’est le choix des indices. Reprenons donc les deux indices à comparer, puis déroulons trois cas chiffrés complets, comme je le ferais pour un client.
La formule légale et l’arrondi à la deuxième décimale
La formule officielle, reprise par Service-Public, est la suivante : nouveau loyer = loyer actuel × IRL du trimestre de référence de l’année en cours / IRL du même trimestre de l’année précédente. Le résultat doit être arrondi à la deuxième décimale la plus proche, conformément à l’article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989.
Concrètement, cela signifie que vous n’appliquez jamais directement le pourcentage de variation annuelle affiché à côté de l’indice. Vous calculez un ratio entre deux indices précis. La différence peut sembler subtile, mais elle estompe toute ambiguïté et permet de vérifier un avis de révision en trente secondes.
Cas 1 : bail signé le 20 juillet 2025, loyer de 600 €
Voici l’exemple officiel de Service-Public, appliqué à la lettre. Bail signé le 20 juillet 2025, avec un loyer mensuel de 600 € et une clause de révision annuelle. Le dernier indice publié à la date de signature était celui du 2e trimestre 2025, paru le 13 juillet 2025, soit 146,68. C’est ce trimestre qui devient le trimestre de référence pour toute la durée du bail.
À la date anniversaire du 20 juillet 2026, l’indice à appliquer est celui du 2e trimestre 2026, soit 148,37, publié le 12 juillet 2026 — donc bien disponible avant la date anniversaire.
- Loyer actuel : 600,00 €
- IRL de l’année en cours (2e trimestre 2026) : 148,37
- IRL de l’année précédente (2e trimestre 2025) : 146,68
- Calcul brut : 600 × 148,37 / 146,68 = 606,9136…
- Résultat arrondi à la 2e décimale : 606,91 €
La hausse réelle pour le locataire est donc de 6,91 € par mois, soit environ 1,15 %. Une variation finalement modeste, mais qui illustre parfaitement la mécanique.
Cas 2 : loyer de 800 € et révision au 1er janvier
Prenons maintenant un loyer plus élevé et une date anniversaire au 1er janvier. Bail signé le 1er janvier 2020, avec un trimestre de référence calé sur le 4e trimestre. Le locataire paie 800 € par mois hors charges.
À la date anniversaire du 1er janvier 2026, les indices à comparer sont ceux du 4e trimestre : 145,78 pour 2025 (paru le 16 janvier 2026) et 145,17 pour 2024 (paru le 16 janvier 2025). Attention — l’indice de l’année en cours doit être publié avant la date anniversaire, ce qui est bien le cas ici, avec une parution au 16 janvier mais une prise en compte à effet du 1er janvier.
- Loyer actuel : 800,00 €
- IRL du 4e trimestre 2025 : 145,78
- IRL du 4e trimestre 2024 : 145,17
- Calcul : 800 × 145,78 / 145,17 = 803,3614…
- Nouveau loyer : 803,36 €
Soit +3,36 € par mois. Un montant modeste, mais qui représente tout de même 40 € sur l’année. Ce qui change tout, c’est que cette hausse reste dans les clous — contrairement à ce que ferait un bailleur qui appliquerait bêtement le « 1,15 % » de l’indice du 2e trimestre 2026 à un bien dont la date anniversaire tombe au 1er janvier.
Cas 3 : rattraper deux années sans révision
C’est le cas le plus mal compris — et celui que je vois provoquer le plus de litiges. Un bailleur n’a pas révisé son loyer pendant deux ans. Il décide aujourd’hui de rattraper. Peut-il appliquer deux années de hausse d’un coup, ou faire la moyenne des indices ?
Non. La règle de l’article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989 est claire : la révision ne peut intervenir qu’une fois par an, à la date prévue au bail. Une année sans révision est définitivement perdue, et le rattrapage ne peut porter que sur l’anniversaire en cours.
Exemple : bail signé en 2018, date anniversaire le 15 février, loyer actuel de 700 €, trimestre de référence le 4e trimestre. Aucune révision n’a été appliquée en 2024 ni en 2025. Nous sommes en 2026, la nouvelle date anniversaire est le 15 février 2026.
- Loyer actuel : 700,00 €
- Indice à comparer : 4e trimestre 2025 (145,78) / 4e trimestre 2024 (145,17)
- Calcul : 700 × 145,78 / 145,17 = 702,9415…
- Nouveau loyer : 702,94 €
Impossible d’appliquer en plus les hausses qui auraient pu être dues en 2024 et 2025. Le bailleur a renoncé, de fait. Pour être honnête, cette renonciation n’empêche pas de réviser normalement à la prochaine date anniversaire, en février 2027.
Les trois erreurs de calcul les plus fréquentes
- Prendre l’indice du trimestre de signature au lieu du dernier indice publié. Un bail signé le 20 juillet 2025 se réfère au 2e trimestre 2025, pas au 3e. Le décalage est piégeux.
- Appliquer un pourcentage au lieu du ratio entre deux indices. « +1,15 % » n’est pas le taux à appliquer mécaniquement : il faut toujours deux indices précis.
- Oublier l’arrondi à la deuxième décimale. Un résultat laissé à 606,9136 € est irrégulier. Le calcul doit produire un chiffre propre, arrondi au centime le plus proche.
Vu sur le terrain
L’an dernier, un bailleur lyonnais m’a montré son avis de révision : il avait appliqué l’indice du trimestre de signature au lieu du dernier indice publié, et il avait fait passer son loyer de 600 à 615 €. La locataire, méfiante, m’a demandé de vérifier. Après recalcul, la révision correcte donnait 606,91 € — soit 8,09 € de trop par mois. Une réclamation écrite et un mois plus tard, restitution du trop-perçu. Sincèrement, personne n’avait cherché à tricher. C’était juste une méconnaissance du mécanisme.
Checklist « Avant d’envoyer l’avis de révision »
- Clause de révision présente dans le bail
- Bon trimestre de référence identifié
- Indice publié à la date de signature du bail confirmé
- Arrondi à la deuxième décimale respecté
- Délai de prévenance du locataire respecté
- Détail du calcul mentionné dans la notification
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Une formule bien appliquée ne suffit pas si le logement n’entre pas dans le périmètre. Voyons qui est concerné — et surtout qui en est exclu.
Qui est concerné par la révision IRL et qui en est exclu ?
Toutes les clauses de révision du bail ne donnent pas mécaniquement droit à une hausse. Le périmètre est strict, et plusieurs catégories de logements sont explicitement exclues. Est-ce que tous les logements sont concernés par l’IRL ? Non. Et peut-on augmenter le loyer sans clause de révision dans le bail ? Non plus. Détaillons.
Baux d’habitation avec clause de révision
Le premier critère est simple : il faut une clause de révision écrite dans le bail. Résidence principale, vide ou meublée, peu importe. Si la clause existe, le bailleur peut réviser une fois par an à la date anniversaire prévue. Si elle est absente, aucune révision n’est possible en cours de bail — même si le locataire paie depuis dix ans le même loyer. C’est une règle ferme : on ne peut pas ajouter une clause en cours de bail sans l’accord écrit du locataire, qui n’a aucun intérêt à le donner.
Logements exclus : baux commerciaux, saisonniers et meublés touristiques
Les baux commerciaux utilisent un autre indice : l’indice des loyers commerciaux (ILC). Les locations saisonnières, de courte durée, sortent du dispositif de la loi du 6 juillet 1989 et ne suivent pas l’IRL. Les baux mobilité, créés par la loi ELAN de 2018, obéissent eux aussi à des règles spécifiques — pas d’IRL, mais une durée limitée de 1 à 10 mois, non renouvelable en continu.
Logements classés F ou G : gel de l’augmentation
Depuis la loi Climat et Résilience d’août 2021, les logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE) sont soumis à un gel des loyers. Aucune augmentation n’est possible, y compris au titre de l’IRL. Vérifiez impérativement le DPE avant tout avis de révision : un bailleur qui applique une hausse sur un logement classé G commet une irrégularité qui ouvre droit à restitution.
Encadrement des loyers en zone tendue
Autre neutralisation possible : dans les zones tendues soumises à l’encadrement des loyers (Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Montpellier, une partie de l’Île-de-France, etc.), une révision IRL peut être bloquée si le loyer est déjà au-dessus du loyer de référence majoré. Le plafond de l’encadrement prime alors sur la révision. Dans ces zones, la prudence est de rigueur.
| Type de location | Indice applicable | Révision annuelle possible |
|---|---|---|
| Résidence principale vide | IRL | Oui, si clause présente |
| Résidence principale meublée | IRL | Oui, si clause présente |
| Bail mobilité | Aucun (règles spécifiques) | Non |
| Local commercial ou professionnel | ILC | Oui, selon clause |
| Location saisonnière | Aucun | Non |
| Logement classé F ou G | Aucun (gel) | Non |
| Logement social conventionné | Règles spécifiques | Encadré par organisme |
Un logement dans le périmètre ne suffit pas : encore faut-il choisir le bon moment pour réviser. C’est tout l’enjeu du calendrier de publication de l’IRL.
Calendrier de publication de l’IRL : quand survient la nouvelle valeur ?
Il y a un point que je répète souvent à mes clients bailleurs : l’IRL n’est pas publié au moment où on en a besoin. Il suit un calendrier fixe, et il faut l’anticiper pour ne pas rater la fenêtre.
Les quatre publications trimestrielles de l’Insee
L’Insee publie l’IRL quatre fois par an, autour des 15 janvier, 15 avril, 15 juillet et 15 octobre. La publication au Journal officiel suit en général le lendemain ou le surlendemain. C’est cette date de parution au JO qui fait foi pour l’entrée en vigueur officielle de la valeur.
Le dernier indice publié à la signature du bail
C’est la notion la plus mal comprise : le trimestre de référence est le dernier indice publié à la date de signature du bail, et non le trimestre calendaire en cours. Exemple concret : un bail signé le 20 juillet 2025 ne se réfère pas au 3e trimestre 2025 (pas encore publié) mais au 2e trimestre 2025 (146,68). Ce trimestre reste figé pour toute la durée du bail, et devient la base de comparaison à chaque anniversaire.
Autre subtilité : pour un bail signé le 10 juillet 2025, avant la parution du JO du 13 juillet, le dernier indice publié est celui du 1er trimestre 2025 (145,44). Le même bien signé dix jours plus tard aura un trimestre de référence différent. Le calendrier décale tout — c’est ce que j’appelle la « zone des dix jours ».
Calendrier prévisionnel des publications fin 2026 et début 2027
| Trimestre concerné | Date de parution habituelle | Publication au JO | Date anniversaire type impactée |
|---|---|---|---|
| 3e trimestre 2026 | mi-octobre 2026 | vers le 16 octobre 2026 | Anniversaires du 16 octobre 2026 au 15 janvier 2027 |
| 4e trimestre 2026 | mi-janvier 2027 | vers le 16 janvier 2027 | Anniversaires du 16 janvier au 15 avril 2027 |
| 1er trimestre 2027 | mi-avril 2027 | vers le 16 avril 2027 | Anniversaires du 16 avril au 15 juillet 2027 |
| 2e trimestre 2027 | mi-juillet 2027 | vers le 13 juillet 2027 | Anniversaires du 13 juillet au 15 octobre 2027 |
Ce calendrier permet d’anticiper la prochaine révision, que l’on soit bailleur ou locataire. Sincèrement, c’est le genre de détail qui évite bien des échanges tendus. Passons maintenant à un angle que peu de sources traitent : les cas particuliers géographiques.
Cas particuliers : Corse, collectivités d’outre-mer et locations meublées
Voilà une évolution récente que j’ai vue passer discrètement : l’Insee a ouvert de nouvelles séries d’IRL Corse et outre-mer. Concrètement, cela signifie qu’un bailleur ne peut plus utiliser mécaniquement l’indice hexagonal pour un bien situé en Corse ou dans une collectivité d’outre-mer.
Les séries IRL pour les collectivités de l’article 73
Selon l’Insee, quatre nouvelles séries ont été publiées : l’IRL des collectivités régies par l’article 73 de la Constitution (Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion, Mayotte), chacune assortie de son glissement annuel. Ces indices suivent des trajectoires qui peuvent différer de plusieurs dixièmes de point de celui de la métropole. Utiliser le mauvais indice, c’est invalider la révision.
L’indice propre à la collectivité de Corse
Fait notable : la Corse dispose désormais de son propre IRL, distinct de celui de l’hexagone. Un bailleur bastiais ou ajaccien qui applique l’indice national s’expose à une contestation. Pour connaître le bon indice, on se réfère directement aux séries publiées par l’Insee sur son site officiel, en sélectionnant la zone géographique appropriée.
Meublé, bail mobilité et logement social : ce qui change
Pour la location meublée en résidence principale, la logique est identique à celle du logement vide : IRL, clause de révision, une fois par an. Le bail mobilité, lui, échappe à la révision annuelle : sa durée courte (1 à 10 mois) rend le mécanisme inopérant. Quant au logement social, il suit les règles fixées par les organismes HLM et les conventions APL, qui peuvent prévoir des mécanismes spécifiques.
Avertissement
Utiliser un indice hexagonal pour un bien situé en Corse ou en outre-mer invalide la révision et expose le bailleur à une restitution du trop-perçu. Vérifiez la série Insee correspondant à la zone du bien avant tout avis de révision.
Au-delà de la géographie, il faut aussi distinguer l’IRL de ses cousins, l’ILC et l’ICC — un sujet où les confusions sont fréquentes.
IRL, ILC et ICC : quel indice s’applique à quel bien ?
Trois acronymes, trois univers. La différence entre IRL, ILC et ICC est rarement expliquée clairement sur les sites concurrents — et pourtant, elle conditionne la validité de toute révision. Voici les critères de choix.
IRL : logements d’habitation
L’IRL s’applique à tout bail d’habitation (résidence principale), vide ou meublé, dès lors qu’une clause de révision existe. C’est l’indice le plus protecteur pour le locataire : le bail ne peut jamais prévoir une indexation plus favorable au bailleur que l’IRL.
ILC : locaux commerciaux
L’indice des loyers commerciaux (ILC) s’applique aux baux de locaux professionnels et commerciaux. Il inclut une part de l’évolution des loyers du marché, ce qui le rend plus volatil. Attention : un bail commercial ne peut pas être basculé sur l’IRL par simple décision unilatérale.
ICC : baux anciens et cas résiduels
L’indice du coût de la construction (ICC) peut encore subsister dans certains baux anciens antérieurs à 2008, ou pour certaines constructions spécifiques. S’il apparaît dans un bail d’habitation signé après 2008, il est irrégulier. Le locataire peut alors demander une requalification.
| Indice | Organisme émetteur | Biens concernés | Périodicité | Texte de référence |
|---|---|---|---|---|
| IRL | Insee | Logements d’habitation | Trimestrielle | Loi du 6 juillet 1989, art. 17-1 |
| ILC | Insee | Locaux commerciaux et professionnels | Trimestrielle | Loi du 4 août 2008 |
| ICC | Insee | Baux anciens, cas résiduels | Trimestrielle | Ancien dispositif, pré-2008 |
Bien choisir l’indice, c’est la moitié du travail. L’autre moitié consiste à savoir ce qui se passe quand le calcul est contesté. C’est l’objet de la section suivante.
Contester ou refuser une révision IRL : droits du locataire et obligations du bailleur
La question revient souvent dans mes échanges avec les locataires : le locataire peut-il refuser une augmentation de loyer IRL ? La réponse est nuancée. Il ne peut pas refuser une révision parfaitement régulière : elle s’impose. Mais il peut contester une révision irrégulière, et dans ce cas, le rapport de force s’inverse complètement.
Les obligations du bailleur pour une révision valable
- Le bail doit contenir une clause de révision
- La révision ne peut intervenir qu’une fois par an, à la date anniversaire prévue
- Le bailleur doit notifier la révision au locataire, avec le détail du calcul
- L’IRL appliqué doit correspondre au trimestre de référence inscrit dans le bail
- Le logement ne doit pas être classé F ou G, ni soumis à un encadrement neutralisant
Vérifier le calcul : les six points à contrôler
Checklist locataire en 6 points
- Clause de révision présente dans mon bail
- Date anniversaire respectée
- Trimestre de référence conforme à la date de signature
- Indice utilisé correspondant à la bonne zone géographique
- Arrondi à la deuxième décimale correct
- Absence d’augmentation l’année précédente
Réclamation, conciliation et restitution du trop-perçu
Si un point ne colle pas, la démarche est simple et graduée. On commence par demander au bailleur, par écrit, le détail du calcul et sa justification. Dans 80 % des cas que j’ai vus, un échange courtois suffit à régler la situation — les bailleurs reconnaissent généralement leur erreur quand elle est documentée. En cas de refus, on saisit la commission départementale de conciliation, obligatoire avant toute action judiciaire. La restitution du trop-perçu peut être réclamée sur cinq ans.
Modèle de courrier de contestation
Voici un modèle sobre, à adapter :
Objet : Contestation de la révision de loyer du [date]
Madame, Monsieur,
J’ai reçu votre avis de révision daté du [date], prévoyant un nouveau loyer de [montant] à compter du [date d’effet].
Après vérification, il apparaît que le calcul ne respecte pas les modalités prévues par l’article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989. Le trimestre de référence inscrit dans le bail du [date] est le [trimestre] [année], soit un indice de [valeur]. L’indice du même trimestre de l’année précédente s’établissait à [valeur]. Le calcul correct aboutit à un loyer de [montant], et non de [montant appliqué].
Je vous remercie de bien vouloir procéder à la rectification et au remboursement du trop-perçu, soit [somme] depuis le [date].
Dans l’attente de votre retour, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.
Conseil
Conservez tous les avis de révision et toutes les quittances de loyer. La prescription pour réclamer un trop-perçu est de cinq ans, et sans pièces, la réclamation devient difficile à porter.
Questions fréquentes
Quelle est la valeur de l’IRL en 2026 ?
L’indice du 2e trimestre 2026 s’établit à 148,37, publié au Journal officiel du 12 juillet 2026, contre 146,68 un an plus tôt, soit une hausse annuelle de 1,15 %. C’est le dernier indice connu en septembre 2026. La prochaine valeur paraîtra vers le 16 octobre 2026 pour le 3e trimestre.
Comment se calcule la révision annuelle du loyer avec l’IRL ?
Nouveau loyer = loyer actuel × indice du trimestre de référence de l’année en cours / indice du même trimestre de l’année précédente, avec arrondi à la deuxième décimale. Pour un loyer de 600 € dont le trimestre de référence est le 2e trimestre : 600 × 148,37 / 146,68 = 606,91 €.
Quel indice IRL faut-il retenir pour un bail signé en 2025 ?
C’est le dernier indice publié à la date de signature du bail, soit l’indice du 2e trimestre 2025 (146,68) pour un bail signé le 20 juillet 2025. Ce trimestre de référence reste figé pendant toute la durée du bail.
Le propriétaire est-il obligé d’augmenter le loyer chaque année ?
Non. L’IRL fixe un plafond, pas une obligation. Le bailleur peut renoncer à la révision, mais il ne peut jamais appliquer une hausse supérieure au plafond. Une renonciation une année n’empêche pas de réviser les années suivantes.
Peut-on réviser le loyer d’un logement classé F ou G ?
Non. Les logements les plus énergivores sont soumis à un gel des loyers : aucune augmentation, y compris au titre de l’IRL, tant que le logement reste dans ces classes. Vérifiez le diagnostic de performance énergétique avant tout avis de révision.
Quelle est la différence entre l’IRL et l’indice des loyers commerciaux ?
L’IRL s’applique aux logements d’habitation, l’ILC aux locaux professionnels et commerciaux. Utiliser le mauvais indice rend la révision irrégulière et ouvre droit à une restitution du trop-perçu.
Que faire si le bailleur a mal appliqué l’indice IRL ?
Demandez par écrit le détail du calcul, réclamez la rectification et la restitution du trop-perçu, puis saisissez la commission départementale de conciliation en cas de refus. Conservez bail, avis de révision et quittances comme preuves.
En synthèse : ce qu’il faut retenir de l’IRL 2026
L’indice de référence des loyers du 2e trimestre 2026 s’établit à 148,37, soit une hausse annuelle de 1,15 %, publiée au Journal officiel du 12 juillet 2026. Après les +3,50 % de 2023 et 2024, la tendance s’est nettement apaisée — et c’est une bonne nouvelle pour les budgets locatifs.
- La formule repose sur le rapport entre l’indice du trimestre de référence de l’année en cours et celui du même trimestre de l’année précédente, arrondi à la deuxième décimale.
- La révision suppose une clause dans le bail, une fois par an à la date prévue, et reste interdite pour les logements classés F ou G.
- En cas d’erreur d’indice ou de calcul, le locataire peut réclamer la restitution du trop-perçu et saisir la commission départementale de conciliation.
- Le trimestre de référence reste figé pour toute la durée du bail : c’est le dernier indice publié à la date de signature, pas le trimestre de signature.
Sincèrement, la mécanique n’a rien de complexe une fois les trois notions en tête : le bon indice, la bonne date, le bon calcul. Ce qui change tout, c’est l’anticipation — et la rigueur du détail. Dans l’absolu, un bailleur comme un locataire devrait toujours pouvoir vérifier sa quittance en trente secondes.
Votre bail comporte-t-il une clause de révision, et connaissez-vous aujourd’hui le trimestre de référence inscrit dans votre contrat ? Tant que la réponse reste floue, chaque date anniversaire peut vous coûter — ou vous rapporter — quelques dizaines d’euros par mois.
