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Points clés à retenir
- Architecture audacieuse : le musée se distingue par ses formes fluides et ses cantilevers spectaculaires, créant une impression de légèreté.
- Art narratif : l’institution célèbre toutes les formes de récits visuels, des peintures rupestres aux BD, dans un esprit démocratique.
- Intégration paysagère : les jardins signés Studio-MLA prolongent l’expérience du musée et célèbrent la diversité des paysages californiens.
Une vision audacieuse pour le récit visuel
Dans le paysage culturel de Los Angeles, le Lucas Museum of Narrative Art s’impose comme une évidence. Perché sur un campus de 4,5 hectares à Exposition Park, ce bâtiment semble avoir atterri là depuis une autre galaxie. Dès l’approche, je suis saisie par ses courbes futuristes qui défient l’imaginaire. L’architecte chinois Ma Yansong, du studio MAD, a imaginé avec ses collaborateurs – Michael Siegel de Stantec et la paysagiste Mia Lehrer de Studio-MLA – un lieu qui incarne la vision radicale de ses fondateurs, le cinéaste George Lucas et son épouse Mellody Hobson.
Leur pari : réunir sous un même toit des formes d’expression longtemps reléguées aux marges des institutions culturelles. Sincèrement, cette démarche me touche personnellement. En tant que passionnée de design, je vois dans ce musée une déclaration d’amour à tous les récits visuels, des fresques antiques aux planches de bande dessinée. Lucas lui-même résume la philosophie du lieu : « L’art narratif remonte à des milliers d’années, aux premières peintures rupestres. Il s’agit de raconter des histoires à travers des images et d’explorer les mythes qui ont façonné les communautés. »
Une architecture qui défie la gravité
Ce qui change tout, c’est cette impression de flottement. Le bâtiment de 27 870 mètres carrés s’élève sur cinq niveaux, mais semble se poser délicatement sur le sol grâce à des cantilevers dramatiques. La façade, revêtue de plus de 1 500 panneaux de polymère renforcé de fibre de verre, épouse des formes organiques qui évoquent un organisme vivant.
Pour moi qui observe les tendances architecturales, cette prouesse technique est bluffante. Mais au-delà de l’exploit, c’est la philosophie de Ma Yansong qui retient mon attention : « Mon design cherche à engager les gens par l’atmosphère et les émotions, pas par l’architecture. » L’idée, c’est de créer un lieu de rassemblement, comparable à un arbre qui offre son ombre. On le comprend mieux en pénétrant sous le porche d’entrée, coiffé d’un oculus elliptique qui encadre le ciel comme une œuvre d’art.
Un dialogue entre intérieur et extérieur
Le projet ne s’arrête pas à l’enveloppe. Les jardins conçus par Studio-MLA tissent une continuité entre la nature et la culture. Comme le souligne Mia Lehrer, « George et Mellody voulaient que les jardins prolongent la mission du musée au-delà de ses murs ». On y trouve un amphithéâtre, un jardin suspendu et même une fontaine de pluie qui contribue au refroidissement du bâtiment.
Dans l’absolu, cette symbiose entre architecture et paysage est exactement ce que je recherche dans mes propres projets pour mes clients lyonnais. Ici, chaque détail – des comptoirs de la boutique aux cabines d’ascenseur arrondies – témoigne d’un soin méticuleux. Ce ne sont pas des finitions de centre commercial, mais des détails qui éveillent la curiosité tout en restant organiques. Pour être honnête, j’aimerais voir cette même exigence dans davantage de réalisations contemporaines.
Une célébration de l’art narratif
L’intérieur du musée, qui ouvrira ses portes au public le 22 septembre, promet une expérience immersive. Des reproductions ultra-haute définition de la colonne Trajane aux dessins de R. Crumb, en passant par les peintures de Norman Rockwell et la maquette du Faucon Millenium, il n’y a pas de hiérarchie élitiste. C’est exactement cette ouverture d’esprit qui séduit : elle invite chaque visiteur à explorer sans préjugés.
Hobson le formule avec justesse : « L’art narratif crée une connexion émotionnelle, non intellectuelle. » J’ajouterais que c’est cette émotion qui rend la visite inoubliable. George Lucas, lui, résume tout en une formule simple : « Créer l’émerveillement. »
Cet article est paru dans le numéro de septembre.

Designer d’intérieur & Rédactrice déco
Designer d’intérieur indépendante lyonnaise de 32 ans, formée aux Beaux-Arts et passée par plusieurs agences parisiennes avant de m’installer à Lyon. Consultante déco et rédactrice spécialisée, j’accompagne mes clients dans la création d’intérieurs qui leur ressemblent. Passionnée par les tendances émergentes autant que par les classiques intemporels, je crois qu’un bel intérieur n’est pas une question de budget mais de justesse. Entre projets clients et création de contenu sur Dizing, je partage ma vision d’une déco accessible, moderne et réfléchie, loin du superflu et du tape-à-l’œil.
Expertises : Design d’intérieur • Tendances déco • Aménagement d’espaces • Couleurs & matières • Analyse de styles • Conseils personnalisés