Un atelier d’artiste moderniste dans une maison de Delft

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À retenir absolument

  • Atelier jardin : Un studio monovolume en Douglas, orienté pour capter la lumière nord, prolonge la maison.
  • Dialogue verre : Les façades entièrement vitrées et ouvrantes relient l’intérieur au jardin et à l’atelier.
  • Bois omniprésent : Le chêne structure la rénovation intérieure (cuisine, escalier, rangements), tandis que le Douglas habille le studio.

Quand un atelier fait corps avec le jardin

Imaginez une rue calme de Delft, ses canaux et ses façades en brique. Derrière l’une d’elles, un projet d’architecte inattendu. L’agence DP6, basée à Delft et connue pour ses campus et équipements publics, signe ici une résidence privée d’une rare élégance. Ce qui change tout, c’est l’insertion d’un atelier de peintre au fond du jardin, un volume minimaliste qui dialogue avec la maison. Pour être honnête, j’ai rarement vu une articulation aussi fluide entre l’ancien et le neuf.

Une oasis urbaine réinventée

Le jardin, déjà généreux, a été métamorphosé en « oasis verte » : des nouvelles plantations, des patios, une piscine ovale, et des allées qui serpentent entre les arbres anciens. L’atelier est perché tout au bout, tel un pavillon de campagne. Il est construit en bois de Douglas, ossature apparente, avec un auvent qui crée une terrasse couverte. Depuis cet écrin, on aperçoit la maison comme un tableau vivant. L’idée, c’est que chaque pièce communique avec l’extérieur, sans hiérarchie.

L’art de la lumière naturelle

Côté atelier, la priorité absolue était la lumière nord, indispensable aux peintres. Une bande de lanterneaux court sur toute la largeur du toit, diffusant un éclairage zénithal homogène. Sincèrement, le résultat est bluffant. L’espace est également autonome : il comprend un coin cuisine, des toilettes et des rangements sur mesure pour toiles et pigments. Un vrai petit bijou fonctionnel.

Retour à la maison : chêne et transparence

À l’intérieur de la maison historique, DP6 a entièrement repensé le rez-de-chaussée. La façade arrière a été remplacée par une paroi vitrée entièrement ouvrable, créant une continuité entre le séjour, la salle à manger et la cuisine. Le chêne est le fil conducteur : la cuisine, la cheminée, l’escalier à marches ouvertes et même les penderies des chambres. Le contraste avec la façade avant, classée et préservée, est saisissant – l’une des plus belles surprises de ce projet.

Ce que j’aime particulièrement, c’est l’équilibre entre le respect du patrimoine et l’audace contemporaine. Sans chichi, sans excès. Dans l’absolu, c’est une leçon d’architecture domestique où le bon goût prime sur le budget. Un intérieur qui respire, une maison qui vit.