Une retraite bucolique réinventée dans le Somerset

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Points clés à retenir

  • Authenticité préservée : Le studio a respecté la structure tiercée d’origine tout en y ajoutant chaleur et matières nobles.
  • Connexion au paysage : Les vastes baies vitrées et la piscine naturelle ancrent la maison dans son écrin champêtre.
  • Âme artisanale : Pièces sur mesure, œuvres d’artistes londoniens et classiques scandinaves créent une atmosphère intemporelle.

Une architecture des années 1990 repensée avec sensibilité

Nichée dans un hameau paisible du Somerset, à quelques minutes au sud de Bath, Springfield Farm n’avait rien d’une fermette bucolique. Conçue dans les années 1990 par l’architecte Max Aitken, cette demeure de 250 m² se distinguait par sa forme en gradins et son bardage en bois vieilli gris, qui lui permettaient de se fondre discrètement dans le paysage.

Pourtant, pour Iwan Halstead et Emily Furniss Potter – fondateurs du studio londonien Daytrip – le bâtiment manquait cruellement d’âme. « C’était un espace aux proportions généreuses, mais froid et technique, comme souvent dans les années 1990. Il nous fallait y insuffler de la chaleur », confie Halstead. Leur approche ? Ne pas effacer le passé, mais le réinterpréter.

Le duo a donc conservé la logique spatiale d’origine, tout en métamorphosant l’intérieur par un jeu de matières et de couleurs. Planchers larges en chêne, bois de cerisier foncé, travertin et finitions bronze sont venus habiller les volumes, créant une atmosphère à la fois riche et apaisante. « L’idée était de superposer des textures pour que la maison devienne tactile, accueillante », ajoute Halstead.

Un intérieur qui respire la campagne

Dès l’entrée, on comprend que cette demeure a été pensée pour vivre en symbiose avec son environnement. Les espaces de réception s’enchaînent sans rupture, et les grandes portes vitrées s’ouvrent généreusement sur les terrasses et le jardin. En été, elles restent grandes ouvertes, effaçant la frontière entre dedans et dehors.

À l’inverse, pour les longues soirées d’hiver, Daytrip a imaginé des cocons douillets. Des placages en bois d’inspiration midcentury, des fauteuils en épaisse laine de la marque Dagmar, ainsi que des appliques en verre et laiton signées Max Ingrand enveloppent les pièces d’une chaleur lumineuse. Le salon, notamment, est un modèle d’équilibre : « Il y a une tranquillité magnifique qui se transforme au gré du soleil. Le piano à queue et les canapés généreux créent une décontraction naturelle », décrit Halstead.

Un incendie survenu juste avant la fin du chantier a obligé l’équipe à revoir certains détails. « Cela a paradoxalement renforcé la résilience du projet et permis d’affiner les finitions », explique l’architecte. Une leçon d’humilité et d’exigence.

Une galerie d’art à ciel ouvert

Chez Daytrip, on travaille main dans la main avec des artistes, designers et artisans. Cette philosophie est palpable dans chaque recoin de la maison. Les murs sont ponctués d’œuvres uniques – principalement d’artistes londoniens issus de la galerie Partnership Editions, comme Katrina Lalic ou Mary West.

Mais la pièce maîtresse reste le lustre monumental en bronze sculpté de Joe Armitage, suspendu dans la cage d’escalier. Haut de trois mètres, il mêle délicatesse et présence massive. « C’est un véritable point focal, une œuvre d’art à la fois imposante et charmante », s’enthousiasme Halstead.

Un jardin qui prolonge l’horizon

Bien sûr, les grandes fenêtres cadrent aussi le paysage. Et celui-ci est à la hauteur. La piscine de 12 mètres, entourée de prairies fleuries, est visible depuis les principales pièces de vie. Pour le jardin, Daytrip a collaboré avec la paysagiste Pollyanna Wilkinson.

« Nous avons conçu des gradins et des plantations qui enveloppent le périmètre de la maison, créant un chemin naturel vers la terrasse de la piscine et le verger », détaille Halstead. Le choix des végétaux – graminées, nepeta, gauras et vivaces légères – offre une floraison continue tout au long de l’année, dans un esprit à la fois naturaliste et résolument anglais.

Sincèrement, ce projet montre qu’une maison des années 1990 peut devenir un écrin de sophistication et de sérénité, à condition d’y insuffler l’âme et le regard justes.