Cloportes dans la maison : causes, risques et solutions 2026

Temps de lecture : 16 min

Points clés à retenir

  • Cloporte = crustacé terrestre inoffensif, mais révélateur d’un problème d’humidité.
  • Causes racines : fuites, mauvaise ventilation, fissures, remontées capillaires.
  • Solutions durables : associer méthodes naturelles (aspirateur, terre de diatomée) et actions préventives (contrôle de l’hygrométrie, colmatage).
  • Si récidive : un diagnostic professionnel (exterminateur + artisan du bâtiment) permet de traiter la cause structurelle.

Qu’est‑ce qu’un cloporte ? Identification et biologie

Vous avez croisé un petit crustacé gris dans votre cave ou sous l’évier ? Avant de paniquer, sachez que le cloporte est un crustacé terrestre, comme un mini-homard de jardin. Il existe plus de 4 000 espèces dans le monde, dont environ 220 en France (source Le Figaro, 2023). Le spécimen commun (Armadillidium vulgare) mesure entre 13 et 18 mm, possède 7 paires de pattes et peut vivre jusqu’à 3 ans (source Bestia Extermination, 2024).

Caractéristiques physiques

Son corps oval, segmenté et gris foncé lui permet de se rouler en boule – d’où son surnom de “cloporte roule‑boule”. Il respire par des branchies, ce qui explique son besoin vital d’humidité. Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas un insecte : il appartient à l’ordre des isopodes, sous‑classe des crustacés. Pour être honnête, beaucoup de mes clients le confondent avec le poisson d’argent. La différence ? Le poisson d’argent est argenté, aplati, rapide, avec trois filaments à l’arrière, et il raffole d’amidon (papier, vêtements). Le cloporte, lui, est un détritivore qui mange principalement des végétaux en décomposition.

Différence avec d’autres nuisibles (poisson d’argent, iule)

CritèreCloportePoisson d’argentIule
NatureCrustacéInsecteMyriapode
Nombre de pattes14 (7 paires)6Plus de 30
Capacité à roulerOui, en bouleNonNon
AlimentationMatière organiqueAmidon, sucreVégétaux en décomposition

Une confusion fréquente : l’iule ressemble à un mille‑pattes mais se tortille, alors que le cloporte préfère rester discret sous une pierre. Dans la maison, les deux indiquent une humidité excessive.

Habitat naturel et alimentation

À l’extérieur, le cloporte vit dans le sol, sous les pierres, les tas de bois, le compost. Il est essentiel au jardin : il décompose la litière végétale. Mais quand il pénètre dans l’habitat, c’est qu’il cherche désespérément un refuge humide. L’idée, c’est de comprendre que sa présence est un signal, pas une menace. Sincèrement, avant d’appeler un exterminateur, il faut d’abord s’intéresser à l’humidité de la maison.

Cloporte gris sur plinthe en bois dans une maison humide

Pourquoi les cloportes envahissent‑ils la maison ? Les causes racines

J’ai souvent vu des propriétaires désemparés, croyant à une invasion. La réalité est plus simple : les cloportes cherchent un taux d’humidité supérieur à 70 %. Si votre maison leur offre cela, ils s’installent. Les causes sont multiples, mais j’ai identifié trois grands coupables.

Humidité excessive et ventilation

Une cave mal ventilée, une salle de bains sans VMC, un sous‑sol confiné : autant de paradis pour les cloportes. L’humidité relative y dépasse souvent 80 % après une douche ou en période de pluie. Je recommande toujours de mesurer l’hygrométrie avec un petit appareil (moins de 20 €). Si le taux dépasse 65 %, le risque de voir apparaître des crustacés terrestres grimpe en flèche.

Infrastructures défaillantes (joints, fissures, toiture)

Là où le bât blesse, c’est souvent au niveau des fondations. Je me souviens d’une maison à Paimpol : la cliente trouvait des dizaines de cloportes chaque printemps. Après un diagnostic, un maçon a révélé une absence de coupure capillaire dans les fondations (source HabitatPresto, 2023). Les remontées capillaires faisaient le reste. Un traitement d’étanchéité liquide sous les plinthes a réglé le problème – zéro retour depuis. Ce témoignage illustre bien l’angle structurel, trop souvent négligé.

D’autres points d’entrée : fissures dans les murs, joints de fenêtre abîmés, toiture perméable. Les infiltrations d’eau sont des autoroutes pour les cloportes.

Introduction involontaire (bois de chauffage, plantes)

Parfois, on ramène les cloportes sans le savoir. Une pile de bois de chauffage contre la maison, un pot de plante acheté en jardinerie… Ces petits crustacés voyagent incognito. Une fois à l’intérieur, si l’environnement leur convient, ils se multiplient. Ce qui change tout, c’est d’inspecter les objets en contact avec le sol avant de les entrer.

Comprendre ces causes racines permet de passer à l’étape suivante : repérer les signes d’une infestation de cloportes dans la maison.

Cave humide avec traces d'eau et cloportes contre le mur

Signes d’une infestation de cloportes dans la maison

Pour être honnête, on n’est pas toujours face à une invasion massive. Mais quelques indices ne trompent pas. Voici où regarder et quoi chercher.

Endroits à inspecter en priorité

  • Cave et vide sanitaire
  • Sous l’évier de la cuisine
  • Plinthes des pièces humides (salle de bains, buanderie)
  • Garage, surtout près du bois de chauffage
  • Derrière les meubles en contact avec un mur extérieur

L’idée est de passer une lampe torche dans ces recoins, de préférence le soir, car les cloportes sont plutôt nocturnes.

Signes visibles : mues, excréments, rassemblements nocturnes

Les cloportes muent régulièrement. Vous trouverez de petites exuvies translucides, semblables à des coquilles vides. Leurs excréments ressemblent à de minuscules granulés sombres. En cas de forte colonie, ils se rassemblent par dizaines dans un coin humide. Si vous voyez plus de 10 individus par jour, il y a probablement un problème d’humidité sous‑jacent. Dans l’absolu, une poignée de cloportes dans une cave peut être normale ; au‑delà, il faut agir.

Mais alors, ces petits crustacés sont‑ils vraiment dangereux ? C’est la question que tout le monde se pose.

Les cloportes sont‑ils dangereux ? Mythes et réalités

Rassurez‑vous : le cloporte est totalement inoffensif pour l’humain. Il ne mord pas, ne pique pas, ne transmet aucune maladie. Son seul “défaut” est esthétique : on n’aime pas le voir ramper sur les surfaces. Pourtant, je croise régulièrement des clients qui paniquent à l’idée qu’il puisse s’attaquer aux meubles ou aux réserves alimentaires. Faux.

Risques pour la santé humaine

Aucun. Les cloportes ne sont pas vecteurs de pathogènes. Ils peuvent parfois salir une surface avec leurs déjections, mais ce n’est pas un danger sanitaire. Pour les enfants ou les animaux domestiques, idem : aucun risque. Dans l’absolu, ils sont plus utiles que nuisibles – dans le jardin, ils accélèrent la décomposition des matières organiques (source Abat Extermination, 2024).

Dégâts éventuels dans le jardin

Attention, nuance : à l’extérieur, une prolifération peut endommager les jeunes plants potagers ou les semis. Mais ce sont plutôt des dégâts mineurs. Le vrai souci, c’est l’humidité qu’ils signalent dans la maison – cette humidité peut, elle, abîmer les murs, le bois, les plinthes. Les cloportes ne sont que les indicateurs.

Pourquoi ils sont utiles dans la nature et le compost

Sincèrement, le cloporte est un allié du jardinier. Il décompose les feuilles mortes, aère le sol, et contribue à la formation d’humus. Dans le compost, il est le bienvenu. Mais dès qu’il franchit la porte, il devient un signal d’alarme pour l’humidité intérieure.

Risques réels Risques imaginaires
Indicateur d’humiditéMorsures ou piqûres
Dégradation esthétique (petites traces)Transmission de maladies
Dégâts aux jeunes plants en extérieurRongement des meubles, fils électriques

Maintenant que vous savez que le danger est relatif, passons aux solutions pour s’en débarrasser. Parce qu’au quotidien, leur présence reste désagréable.

Comment se débarrasser des cloportes ? Toutes les solutions

Pour se débarrasser des cloportes dans la maison : 1) Aspirez les individus visibles. 2) Utilisez de la terre de diatomée ou des huiles essentielles (menthe poivrée) en barrière. 3) Réparez les fuites d’eau et réduisez l’humidité avec un déshumidificateur. 4) Colmatez les fissures et posez des bas de porte. 5) Si l’infestation persiste, faites appel à un professionnel pour un diagnostic structurel.

Cette méthode en cinq étapes est celle que je conseille à tous mes clients. Voici le détail selon l’intensité du problème.

Méthodes naturelles immédiates

Aspirateur : la solution la plus rapide. Aspirez les cloportes et videz le sac à l’extérieur. Ce n’est qu’un traitement symptomatique, mais il soulage.

Terre de diatomée : saupoudrez une fine couche le long des plinthes, autour des fissures. Les particules abrasives déshydratent les crustacés. Renouvelez après chaque nettoyage. Efficace plusieurs jours.

Huiles essentielles : la menthe poivrée ou l’arbre à thé (tea tree) sont répulsives. Mélangez 10 gouttes dans 200 ml d’eau, vaporisez sur les zones de passage. À répéter tous les deux jours.

Ruban adhésif double face : placez‑le en barrière sur le pourtour des portes, fenêtres, plinthes. Les cloportes restent collés. Simple et efficace.

Solutions chimiques et barrières physiques

Si l’infestation dépasse quelques individus, on peut recourir à des insecticides en spray spécifiques pour rampants. Attention : ces produits ne résolvent pas la cause. Ils sont un palliatif. Préférez les aérosols à base de pyrèthre, moins toxiques pour les animaux. Mais rappelez‑vous : sans contrôle de l’humidité, les cloportes reviendront toujours.

Les barrières physiques (moustiquaires aux aérations, bas de porte calfeutrés) empêchent l’entrée. Un grand classique que j’applique chez moi.

Intervention professionnelle : quand et comment

Quand le nombre dépasse la centaine ou que les récidives sont fréquentes, il est temps de faire appel à un professionnel. Mais attention : un exterminateur va traiter les symptômes, un artisan du bâtiment (maçon, plombier) va traiter la cause. L’idéal est un duo. Le budget ? Compter 80 € pour un diagnostic humidité, 150 € à 300 € pour un traitement insecticide, et 300 € à 500 € pour une étanchéité de fondation.

MéthodeDurée d’efficacitéCoût approximatif
Terre de diatomée2 à 3 jours5 €
Huile essentielle de menthe1 à 2 jours (répétition)8 €
Ruban adhésif double face1 semaine3 €
Insecticide en spray1 à 2 semaines10 € – 20 €
Traitement d’étanchéité par un proDéfinitif si cause traitée300 € – 500 €

Bon à savoir : ne traitez jamais vous‑même une zone humide avec des insecticides puissants sans avoir d’abord résolu le problème d’humidité. Les cloportes reviendront toujours.

Une fois que vous avez éliminé les indésirables, il faut les empêcher de revenir. Voici comment mettre en place une prévention durable.

Prévention à long terme : comment éviter le retour des cloportes

La meilleure stratégie contre les cloportes, c’est de rendre votre maison inhospitalière pour eux. Et cela passe par trois axes : le contrôle de l’humidité, la réparation des points d’entrée, et les barrières écologiques.

Contrôle de l’humidité (VMC, déshumidificateur, aération)

Installez une VMC dans les pièces humides (salle de bains, cuisine). Si ce n’est pas possible, aérez 10 minutes chaque jour, été comme hiver. Utilisez un déshumidificateur électrique dans une cave humide – maintenez le taux en dessous de 60 %. Un investissement de 100 € à 200 € qui change tout.

Réparation des points d’entrée (fissures, joints, fenêtres)

Inspectez les murs extérieurs et intérieurs. Bouchez les fissures avec un enduit de rebouchage, même les plus petites (plus de 1 mm). Remplacez les joints de fenêtre abîmés. Portez une attention particulière au bas des portes : un bas de porte brosse bloque le passage.

Barrières écologiques (paillis minéral, gravier)

Autour de la maison, évitez de laisser un paillis végétal en contact avec les murs. Préférez un paillis minéral (gravier, galets) sur 30 cm de large. Cela crée une zone sèche que les cloportes évitent. De même, éloignez le bois de chauffage des murs extérieurs.

Checklist prévention

  • Vérifier le taux d’humidité avec un hygromètre (cible < 60 %)
  • Boucher toutes les fissures > 1 mm
  • Réparer les fuites d’eau (robinets, canalisations)
  • Installer des grilles aux aérations
  • Éloigner le bois de chauffage et les plantes en pot des murs extérieurs

Si malgré ces précautions les cloportes reviennent, il est peut‑être temps de passer un coup de fil à un professionnel. Quand exactement ?

Quand appeler un professionnel ? Exterminateur ou artisan ?

J’insiste toujours : ne confondez pas les métiers. Un exterminateur viendra pulvériser un insecticide, ce qui peut être utile pour un coup de propre, mais il ne résoudra pas les remontées capillaires ni la VMC défaillante. Pour cela, c’est un artisan du bâtiment (maçon, plombier) qu’il faut consulter.

Symptômes d’une infestation sévère

Plus de 100 individus visibles en une semaine, présence dans plusieurs pièces, apparition d’humidité sur les murs (peinture qui cloque, moisissures). Si vous cochez ces cases, n’attendez pas.

Comment choisir son intervenant (exterminateur vs artisan)

Commencez par un diagnostic humidité – un artisan spécialisé en rénovation (souvent 80 €). S’il identifie une cause structurelle (fissure, défaut d’étanchéité), il vous dirigera vers un maçon. Ensuite seulement, si les insectes persistent, appelez un exterminateur pour un traitement ciblé. Je recommande de faire précéder toute intervention chimique d’une résolution de la cause.

Budget estimatif

Diagnostic humidité : 80 € – 120 €. Traitement insecticide professionnel : 150 € – 300 €. Réfection d’étanchéité de fondation : 300 € – 500 € (voire plus selon la surface). L’investissement en vaut la peine si vous voulez une solution durable.

Rappel essentiel : ne jamais traiter une zone humide avec des insecticides puissants sans avoir résolu le problème d’humidité – les cloportes reviendront toujours.

Questions fréquentes

Les cloportes sont‑ils dangereux pour la santé ?

Non, ils sont inoffensifs. Ils ne piquent pas, ne mordent pas et ne transmettent aucune maladie. Ils peuvent simplement être désagréables et ramper sur les surfaces.

Comment tuer les cloportes dans la maison ?

Vous pouvez les aspirer, utiliser de la terre de diatomée, des huiles essentielles (menthe poivrée, tea tree) ou des pièges collants. Pour une infestation massive, un insecticide répulsif en spray peut être employé, mais il faut d’abord traiter la cause (humidité).

Les cloportes peuvent‑ils grimper sur les lits ?

Oui, ils peuvent ramper sur les murs et atteindre un lit, mais c’est rare. Ils préfèrent le sol et les zones humides. Si vous en trouvez dans votre lit, c’est le signe d’une forte infestation et d’un problème d’humidité important.

Quelle est la différence entre un cloporte et un poisson d’argent ?

Le cloporte est un crustacé gris foncé à 7 paires de pattes, qui se roule en boule. Le poisson d’argent est un insecte argenté et aplati avec 3 filaments, rapide et nocturne. Ils n’ont pas la même alimentation (cloporte : matière organique ; poisson d’argent : amidon).

Les cloportes peuvent‑ils endommager les murs ou les plinthes ?

Ils ne creusent pas et ne rongent pas les matériaux secs. En revanche, leur présence signale une humidité qui, elle, peut dégrader les murs (peinture qui s’écaille, bois qui pourrit). Ce sont les dégâts indirects de l’humidité qu’il faut surveiller.

Est‑ce que le vinaigre blanc tue les cloportes ?

Le vinaigre blanc n’est pas très efficace pour tuer les cloportes, mais il peut les repousser temporairement à cause de son odeur forte. Mélangé à de l’eau, il sert à nettoyer les zones infestées pour éliminer les phéromones attractives.

Peut‑on avoir des cloportes même en appartement ?

Oui, surtout au rez‑de‑chaussée ou dans les sous‑sols d’immeuble. Ils entrent par les fissures, les canalisations ou les gaines techniques. Un appartement très humide (salle de bains mal ventilée) peut aussi les attirer.

Quelle est la meilleure huile essentielle contre les cloportes ?

L’huile essentielle de menthe poivrée est la plus citée. Diluez quelques gouttes dans de l’eau et vaporisez les plinthes, les fenêtres et les zones d’entrée. Renouvelez l’opération tous les deux jours jusqu’à disparition.

Cloportes dans la maison : ce qu’il faut retenir

Au terme de ce tour d’horizon, voici les trois points à garder en tête. Premièrement, le cloporte est un crustacé terrestre inoffensif, mais sa présence indique un problème d’humidité. Deuxièmement, les causes principales sont les fuites d’eau, la mauvaise ventilation, les fissures et les remontées capillaires – des causes structurelles qu’il faut traiter en priorité. Troisièmement, pour s’en débarrasser efficacement, il faut combiner méthodes naturelles (aspirateur, terre de diatomée) et actions préventives (contrôle de l’humidité, colmatage des entrées). Si l’infestation persiste, un diagnostic professionnel (exterminateur ou artisan du bâtiment) est recommandé pour traiter la cause profonde.

Alors, la prochaine fois que vous verrez un cloporte chez vous, ne vous contentez pas de l’écraser : vérifiez votre taux d’humidité, inspectez les plinthes et agissez sur la source. Votre maison vous remerciera – et le cloporte aussi.