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Points clés à retenir
- Éphémère et transformateur : les 24 installations grandeur nature du festival invitent les habitants à réinventer l’espace public.
- Trois axes curatoriaux : Identité et Fiction, Écologies Urbaines, Agents Éphémères redessinent la ville de Logroño.
- Participation et héritage : les œuvres temporaires laissent une empreinte durable dans la perception des lieux.
Chaque année en juin, la ville de Logroño, dans le nord de l’Espagne, devient un terrain de jeu pour les architectes et les designers du monde entier. Le festival Concéntrico, qui ouvre ses portes du 18 au 23 juin 2026, célèbre sa douzième édition avec une ambition inchangée : sortir l’architecture des livres et des écoles pour la plonger au cœur de la vie quotidienne. Pour être honnête, ce qui me fascine dans cette manifestation, c’est cette idée que l’espace public n’est jamais figé — il peut être réinventé, modelé, vécu autrement, même temporairement.
Concéntrico 2026 : le programme
Cette année, 32 participants réaliseront 24 installations disséminées dans toute la ville. Des places aux parcs, des parkings aux rives du fleuve, chaque projet occupe un site public à échelle réelle (1:1). Parmi les artistes et studios invités : le lauréat du prix Pritzker 2026 Smiljan Radić Clarke, AAU Anastas, 2050+, Future Firm, DF DC et PPAA. L’idée, c’est que tous les habitants — et les visiteurs — puissent toucher, entrer, jouer ou méditer dans ces structures.
Entretien avec Javier Peña Ibañez, fondateur du festival
J’ai eu la chance d’échanger avec Javier Peña Ibañez, l’architecte qui a fondé Concéntrico en 2015. Sincèrement, sa vision m’a profondément inspirée. Il m’a expliqué que son déclic est venu en constatant que les villes regorgent de festivals dédiés à la musique, au théâtre ou au cinéma, mais que l’architecture — pourtant omniprésente dans notre quotidien — reste souvent cantonnée aux cercles professionnels. « Concéntrico est né de l’envie de rendre l’architecture à nouveau accessible, non comme une discipline abstraite, mais comme quelque chose de réel, de physique et de collectif », m’a-t-il confié.
Ce qui change tout, selon lui, c’est l’échelle 1:1. Pas de maquettes ni de rendus spéculatifs : les projets sont construits directement dans la ville. Les gens peuvent y entrer, les toucher, jouer avec, les ignorer ou les réinventer. Cette rencontre directe modifie la relation non seulement à l’architecture, mais à la ville elle-même.
L’évolution du festival
Depuis les premières éditions, beaucoup de choses ont changé. « Au début, nous travaillions principalement dans des cours et des petites ruelles du centre historique », se souvient Javier. « Mais très vite, nous avons compris que pour changer le rapport des gens à l’espace public, il fallait aussi investir les lieux où se déroule la vie quotidienne. » Aujourd’hui, le festival investit les parcs, les quartiers périphériques, les parkings, les berges, les vignobles et les grandes places publiques. Les thématiques se sont élargies : adaptation climatique, son, performance, accessibilité, rituels collectifs, programmes éducatifs. Certaines installations disparaissent après une semaine, d’autres laissent des traces durables. « Cette tension entre action temporaire et impact à long terme est devenue fondamentale », ajoute-t-il.
Les temps forts des éditions passées
Parmi les projets qui ont marqué Javier, il y a Pabellón 1973–2021 de Lanza Atelier (les architectes du Pavillon Serpentine 2026 à Londres). L’installation avait transformé la place de l’hôtel de ville de Rafael Moneo en utilisant la brique courbe de manière expérimentale. « Elle a complètement altéré la perception d’un des espaces urbains les plus reconnaissables de Logroño », souligne-t-il. Autre coup de cœur : Types of Spaces par Palma et Hanghar, qui proposait des chambres en brique ouvertes sur le ciel dans un passage de l’ancienne manufacture de tabac, créant une sensation d’intimité au cœur de l’espace public. Enfin, The Garden of Intersections de Studio Ossidiana, qui transformait un site négligé en un paysage de rencontres entre les humains, les plantes et les formes de vie non humaines. « Ces projets sont importants car ils montrent que l’architecture temporaire peut créer des changements durables dans la perception », conclut Javier.
Trois axes curatoriaux pour 2026
Cette année, le festival est structuré autour de trois lignes directrices :
- Identité et Fiction : comment construire un sentiment d’appartenance à travers l’architecture éphémère. Smiljan Radić Clarke propose Circo, un cirque itinérant fragile installé sur un sol meuble, tandis que Matilde Cassani Studio s’inspire des costumes traditionnels de La Rioja pour explorer le folklore et l’identité urbaine.
- Écologies Urbaines : adaptation climatique, réemploi des matériaux, dépavage des sols. Sahra Hersi transforme une place pavée de la Bibliothèque Rafael Azcona en jardin civique.
- Agents Éphémères : l’architecture comme outil d’activation sociale par le son, le mouvement, l’accessibilité et la participation collective.
Il y a aussi des projets plus radicaux. Cathedral for One de AAU Anastas est une structure en pierre conçue pour un seul visiteur, qui active des pièces sonores d’artistes comme Nicolas Jaar, Yara Asmar et Hania Rani. « Quand vous entrez seul dans une cathédrale fabriquée à partir de fragments de pierre récupérés, vous flottez entre architecture, rituel et espace d’écoute », dit Javier.
Ce qu’il faut retenir
Concéntrico 2026 se tient du 18 au 23 juin 2026 à Logroño, en Espagne. Si vous passez par là, laissez-vous surprendre : un parking peut devenir une aire de jeux collective, une place pavée peut se muer en jardin, une cour peut se transformer en chambre d’écoute. Comme le dit Javier : « L’architecture peut encore produire des expériences partagées qui échappent aux positions fixes, même temporairement. »

Designer d’intérieur & Rédactrice déco
Designer d’intérieur indépendante lyonnaise de 32 ans, formée aux Beaux-Arts et passée par plusieurs agences parisiennes avant de m’installer à Lyon. Consultante déco et rédactrice spécialisée, j’accompagne mes clients dans la création d’intérieurs qui leur ressemblent. Passionnée par les tendances émergentes autant que par les classiques intemporels, je crois qu’un bel intérieur n’est pas une question de budget mais de justesse. Entre projets clients et création de contenu sur Dizing, je partage ma vision d’une déco accessible, moderne et réfléchie, loin du superflu et du tape-à-l’œil.
Expertises : Design d’intérieur • Tendances déco • Aménagement d’espaces • Couleurs & matières • Analyse de styles • Conseils personnalisés