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Ce qu’il faut retenir
- Stratégie : Abordez la semaine avec un plan de quartier pour ne pas vous épuiser entre la Fiera et le Fuorisalone.
- Curiosité : Les pépites se cachent souvent dans les installations indépendantes comme Alcova, loin de la foule.
- Équilibre : Alternez découvertes design et pauses dans des trattorias ou bars iconiques pour une expérience complète.
Plonger dans le tourbillon créatif milanais
Sincèrement, Milan Design Week est une expérience qui vous transforme. Entre le Salone del Mobile à la Fiera Milano et l’effervescence du Fuorisalone qui pulse dans toute la ville, on a l’impression de marcher dans un organisme vivant, palpitant de créativité. Pour être honnête, six jours semblent un luxe, mais on en sort toujours avec cette sensation d’avoir à peine effleuré la surface. L’idée, cette année, est de se laisser porter tout en gardant le cap.
Les fondamentaux : s’organiser pour mieux ressentir
La foire principale, c’est un univers en soi. Seize halls dédiés à chaque pièce de la maison, sans oublier EuroLuce et son festival de lumière, et le toujours inspirant SaloneSatellite qui donne le pouls de la relève. Ce qui change tout, c’est de comprendre que le vrai Milan Design Week se vit sur deux scènes : la foire de Rho, méthodique et exhaustive, et la ville elle-même, théâtre d’installations éphémères et de rencontres imprévues.
Où reprendre son souffle : mes adresses coup de cœur
L’énergie est intense, et les pauses sont sacrées. Loin des simples espresso avalés debout, je privilégie des moments qui font partie de l’expérience. Trattoria del Ciumbia, signée Dimorestudio, est un voyage dans le Milan des années 60, un rouge raisin profond qui vous enveloppe. Leur pasta milanese est un classique, et descendre au Disco club après le repas a quelque chose de parfaitement théâtral.
Pour un spritz et l’assurance de croiser un visage connu, Bar Basso reste l’incontournable, l’antichambre informelle de tous les débats. Et puis, il y a Ralph’s Bar : un ancre d’élégance à l’américaine au cœur du district de la mode, où l’on sert des classiques impeccables. Dans l’absolu, c’est l’équilibre parfait entre l’effervescence de la semaine et un certain confort rassurant.
Dormir dans l’âme de Milan : hôtels avec une histoire
Choisir son hôtel, c’est choisir le ton de sa semaine. Pour une immersion totale dans le patrimoine milanais, Casa Laveni à Brera est ma découverte. Trente chambres nichées dans un palais néoclassique du XIXe, réinterprétées avec une sensibilité moderne : appliques Martinelli Luce à franges rouges, fresques nuageuses au plafond… Certaines suites offrent des terrasses secrètes sur les toits de tuiles, un spectacle en soi.
L’iconique Hotel Principe de Savoia incarne, lui, la grandeur intemporelle. Sincèrement, se baigner dans sa piscine intérieure sous les lustres de cristal, c’est accepter de jouer le jeu de la dolce vita avec panache. Pour une option plus contemporaine et pleine d’audace, le Max Brown Missori, signé par Saar Zafrir, associe des trouvailles vintage des années 70 à une énergie colorée et décomplexée, à deux pas du Duomo.
Le cœur battant de la création : les installations à ne pas manquer
Tout voir est impossible. L’idée est de se concentrer sur ce qui résonne avec les grandes questions du moment. EuroCucina explore l’hybridation de l’espace culinaire, teintée d’IA et de durabilité. J’ai un coup de cœur pour l’installation Nature-Ritual de Fisher & Paykel, conçue par Calvi Brambilla & Partners : une forêt où les appareils électroménagers Series 11 dialoguent avec des expériences sensorielles venues de la nature. C’est une réflexion puissante sur la cuisine comme sanctuaire.
Je suis particulièrement attentive aux démarches responsables. La collection Aom d’Arper, dessinée par Jean-Marie Massaud, en est un bel exemple. Elle remplace le polyurethane par de l’EPP léger et du polyester recyclé, une preuve que le design durable peut être d’une élégance absolue. De même, le travail de Nanimarquina avec les archives de Lucia Eames, transposant ses motifs botaniques en tapis, parle d’un héritage qui se réinvente avec délicatesse.
Hors des sentiers battus : l’esprit d’Alcova et des galeries
Pour être honnête, c’est souvent en marge de la foire que l’on ressent les pulsations les plus authentiques. Alcova s’installe cette année à la Villa Pestarini, un joyau rationaliste de Franco Albini enfin ouvert au public, et dans l’étonnant complexe hospitalier militaire de Baggio. Là, on découvre le travail sensuel de Kiki Goti avec Marble Sachanas, ou l’univers narratif et chaleureux de Sister, le nouveau studio de Sophie Ashby, présenté dans une ancienne maison de sœurs.
Dans le centre-ville, la scène des galeries vibre. L’Appartamento d’Artemest au Palazzo Donizetti est un privilège, tout comme la collaboration magistrale entre Rubelli, Formafantasma et Ai Weiwei, qui tisse la soie et le métal autour de sculptures iconiques. C’est ce genre de dialogues, entre patrimoine textile vénitien et art contemporain, qui définit le génie milanais.
Des moments d’exception : quand les marques racontent une histoire
Certaines installations transcendent la simple présentation produit. Dans le cloître de Santa Maria del Carmine, Aesop confie à l’architecte Rodney Eggleston la création de Factory of Light, une œuvre immersive en échafaudages et bâches, illuminée par leurs premières lampes en édition limitée. C’est une proposition sensorielle et architecturale à part entière.
Chez Casa Milana, c’est l’intimité d’un studio qui s’ouvre pour célébrer « l’année des collaborations », avec des pièces uniques nées du dialogue avec des artisans de la lagune de Venise ou des tisseurs de tapis. À l’inverse, la « Reference Library » de Jil Sander x Apartamento, avec ses lutrins chromés et ses gants blancs, invite à une pause contemplative et studieuse au milieu de la frénésie. Ce qui change tout, dans ces expériences, c’est la volonté de créer un moment, une émotion, bien au-delà de la vitrine.
Finalement, Milan Design Week est une leçon d’équilibre. Entre la démesure des halls et l’intimité d’une cour cachée, entre l’avant-garde la plus radicale et le respect des savoir-faire ancestraux. Pour être honnête, on en revient lessivé, mais l’âme nourrie d’images, de textures et d’idées qui vont infuser des mois dans nos projets. L’idée est de se laisser surprendre, de suivre son intuition, et de toujours garder une place pour un dernier spritz au Bar Basso, à l’heure où la lumière de Milan devient dorée.

Designer d’intérieur & Rédactrice déco
Designer d’intérieur indépendante lyonnaise de 32 ans, formée aux Beaux-Arts et passée par plusieurs agences parisiennes avant de m’installer à Lyon. Consultante déco et rédactrice spécialisée, j’accompagne mes clients dans la création d’intérieurs qui leur ressemblent. Passionnée par les tendances émergentes autant que par les classiques intemporels, je crois qu’un bel intérieur n’est pas une question de budget mais de justesse. Entre projets clients et création de contenu sur Dizing, je partage ma vision d’une déco accessible, moderne et réfléchie, loin du superflu et du tape-à-l’œil.
Expertises : Design d’intérieur • Tendances déco • Aménagement d’espaces • Couleurs & matières • Analyse de styles • Conseils personnalisés