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Ce qu’il faut retenir
- Collaboration : L’agence a conçu son espace pour fluidifier les échanges et briser les silos, privilégiant les parcours multiples aux cloisonnements.
- Matérialité : Une palette sobre et monochrome (noir mat, béton gris, sol blanc) sert d’écrin à des pièces uniques, artisanales ou vintage, qui racontent une histoire.
- Polyvalence : Loin d’être un simple lieu de travail, ce bureau devient un espace de vie, de réception et de conversation, prolongeant ainsi sa raison d’être.
Un atelier manifeste dans le Chinatown new-yorkais
Sincèrement, il y a quelque chose de profondément inspirant à voir des créateurs concevoir enfin l’écrin qui leur correspond. Après plus de vingt-cinq ans à façonner des espaces d’exception pour des galeries, des hôtels ou des résidences privées prestigieuses, le duo Bonetti/Kozerski s’est offert son propre manifeste. Leur nouvel atelier, niché dans le Chinatown de New York, est bien plus qu’un bureau : c’est l’incarnation physique de leur philosophie. Pour être honnête, quitter le SoHo devenu trop aseptisé pour les frémissements créatifs du Bowery, c’était un pari. Un pari sur l’avenir, sur la possibilité de réinventer leur manière de travailler ensemble.
La collaboration comme ADN spatial
L’idée, ici, était claire : faire de la cross-pollinisation une réalité quotidienne. Dans l’absolu, comment concevoir des yachts, des boutiques de luxe et des espaces académiques sans que les équipes ne se parlent ? Bonetti et Kozerski ont donc imaginé un plan ouvert, traversé de multiples chemins. Deux grandes tables de travail centrales sont entourées de petits pavillons abritant salles de réunion et bibliothèque matériaux. Ce qui change tout, c’est cette absence de barrières physiques. Même leurs bureaux personnels, situés dans des coins reculés, restent visuels, connectés au flux général. Une déclaration d’intention : l’architecte généraliste, capable de puiser dans divers référentiels, est plus précieux que le spécialiste cloisonné.
Une scénographie monochrome et théâtrale
Stylistiquement, le choix est audacieux dans sa retenue. Un plafond de poutres apparentes peint en noir mat, des murs en panneaux de ciment texturé gris, un sol d’un blanc immaculé. Cette palette monochrome, presque austère, a un génie : elle magnifie les volumes et crée un écrin parfait pour la pièce maîtresse, une baie vitrée de 23 mètres offrant une vue frontale sur le Manhattan Bridge. La lumière, surtout, devient actrice. Au fil des saisons, elle danse sur les pierres néoclassiques du pont et inonde l’espace d’une chaleur dorée. On ressent littéralement le passage du jour, une connexion rare en plein cœur de la ville.
Un mobilier qui raconte une histoire
Ici, pas de décor acheté clé en main. Chaque pièce a une âme, une provenance. Des étagères métalliques industrielles de Penco deviennent des bibliothèques-curiosités, exposant des haut-parleurs danois vintage, des moules italiens des années 30 ou un carreau de piscine issu d’un projet passé. Le mobilier est majoritairement sur mesure ou customisé : tables de travail en noyer, lampes de lecture Ebolicht, console en teck. Certaines pièces sont même des « rescapées » de projets clients, comme cette table basse en chêne teinté noir, initialement conçue pour le Public Hotel. Ces objets ne sont pas que beaux ; ce sont des archives tangibles, des points de référence qui parlent aux clients bien mieux qu’un catalogue.
De l’espace de travail à l’espace de vie
La plus belle surprise, peut-être, est la métamorphose de la fonction du lieu. La cuisine, spacieuse et équipée pour un chef, a naturellement accueilli des dîners. L’atelier est devenu un salon, un lieu de conversation informelle avec des amis, des artistes, des collaborateurs. Ce qui change tout, c’est cette porosité entre vie professionnelle et inspiration pure. Le bureau n’est plus une fin en soi, mais le point de départ de nouvelles collaborations. Sincèrement, n’est-ce pas là l’essence même d’un espace réussi ? Créer un environnement si juste, si évident, qu’il dépasse sa fonction initiale pour nourrir la créativité sous toutes ses formes. L’expérience Bonetti/Kozerski nous le prouve : un intérieur pensé avec sensibilité et intelligence devient un personnage à part entière de l’histoire qu’il abrite.

Designer d’intérieur & Rédactrice déco
Designer d’intérieur indépendante lyonnaise de 32 ans, formée aux Beaux-Arts et passée par plusieurs agences parisiennes avant de m’installer à Lyon. Consultante déco et rédactrice spécialisée, j’accompagne mes clients dans la création d’intérieurs qui leur ressemblent. Passionnée par les tendances émergentes autant que par les classiques intemporels, je crois qu’un bel intérieur n’est pas une question de budget mais de justesse. Entre projets clients et création de contenu sur Dizing, je partage ma vision d’une déco accessible, moderne et réfléchie, loin du superflu et du tape-à-l’œil.
Expertises : Design d’intérieur • Tendances déco • Aménagement d’espaces • Couleurs & matières • Analyse de styles • Conseils personnalisés