Recrutement déco : ce qui fait la différence en 2026

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Ce qu’il faut retenir

  • Passion : Le moteur invisible qui transcende les compétences techniques et fédère une équipe autour d’une vision commune.
  • Curiosité : Le véritable terreau du bon goût, bien plus déterminant qu’un budget illimité ou un pedigree prestigieux.
  • Générosité : L’état d’esprit de ceux qui veulent contribuer à faire grandir un projet, et non simplement en retirer quelque chose.

La rencontre qui a tout changé

Sincèrement, je me souviens de ce moment avec une netteté incroyable. Ce n’était pas le début d’une carrière classique, loin de là. Je n’avais pas ce parcours académique rectiligne que l’on imagine souvent dans le design d’intérieur. Les Beaux-Arts m’avaient donné une sensibilité, mais les rouages d’une entreprise, un bilan comptable, la structure d’une proposition client… Pour être honnête, c’était une terra incognita totale. L’idée, à l’époque, a été d’assumer ces zones d’ombre et de chercher précisément ce qui me manquait.

La réponse est venue d’une annonce, et d’une rencontre dans un café lyonnais. Face à moi, une femme – appelons-la Sophie – dégageait une assurance tranquille. Elle avait ce diplôme en design qui me faisait défaut, une intelligence pratique des affaires, une rigueur technique. Mais ce qui a scellé notre collaboration, bien au-delà de son CV, c’était autre chose : une gentillesse authentique et une intelligence relationnelle immédiate. Elle a accepté de se lancer dans cette aventure encore floue. Plus tard, elle m’a confié que c’était mon enthousiasme pour le projet qui l’avait convaincue. Ce qui change tout, finalement, c’est cette alchimie : une vision sincère attire les bonnes personnes.

Le portrait-robot du collaborateur idéal

Aujourd’hui encore, quand on me demande ce que je recherche dans un collaborateur, mon esprit revient à cette première alliance. Dans l’absolu, la liste est simple, presque humaine avant d’être professionnelle. Je cherche d’abord une passion palpable, ce feu qui donne du sens au travail bien au-delà de la tâche à exécuter. L’intégrité, ensuite, cette colonne vertébrale éthique sur laquelle on peut construire une confiance durable. La professionnalisme, bien sûr, qui se voit dans les détails – comme le simple fait de prendre des notes.

Mais je vais plus loin. Je cherche quelqu’un qui ose poser des questions pertinentes, qui remet en question, qui apporte ses propres idées. Quelqu’un dont la motivation première n’est pas de « prendre » mais de « donner », de contribuer à faire grandir l’ensemble. Pour être honnête, c’est le même cahier des charges que j’applique à l’éducation de mes enfants : avant tout, je souhaite les voir grandir en étant bons et honnêtes. C’est la même base, inébranlable.

L’atelier où tout a germé

Notre premier « bureau » était en réalité un appartement. C’est là, entre quatre murs, que les graines de tout ce qui a suivi ont été plantées. L’image est parfois cocasse – je n’avais pas de voiture, Sophie devait me conduire partout – mais nous avons appris ensemble. C’est dans cet espace que ma véritable éducation au design a commencé. Nous dévorions chaque livre, chaque monographie d’architecte ou de décorateur qui nous tombait sous la main. Je me souviens encore du choc esthétique en découvrant le travail d’Axel Vervoordt, cette poésie brute et intemporelle.

Je m’asseyais à côté d’elle pour observer la construction méticuleuse d’un devis, la narration d’une proposition. Et quand le carnet de commandes était vide, nous jouions au « Et si… ? », imaginant des projets fous pour un futur hypothétique. C’est là que j’ai forgé une conviction qui ne m’a jamais quittée : le bon goût ne naît pas de l’argent, mais de la curiosité. C’est cette soif d’apprendre, de voir, de comprendre qui affine notre œil et définit notre patte, bien plus qu’un compte en banque. Sincèrement, c’est le seul capital qui vaille, et il est accessible à tous.